"La folie c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent."
Enstein
vendredi 11 janvier 2013
jeudi 8 novembre 2012
Quel est le moins pire ?
"Le vice inhérent au
capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses et la vertu
inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère."
Sir Winston Churchill
mercredi 31 octobre 2012
We few, we happy few, we band of brothers
Eloge Funèbre de Roland de la Poype,
par Max Armanet
Il est des hommes qui nous marquent. Il est des hommes qui nous entraînent. Il est des hommes qui nous illuminent. Nous sommes tous là, aujourd'hui, pour répondre à l'invitation de Roland de la Poype. Pour la dernière fois, nous voilà réunis autour de lui, autour d'une table, pour partager en sa compagnie le pain et le vin. Repas symbolique, partage spirituel, devant nous, le corps de Roland de la Poype au pied de cet autel, dans le chœur de cette église, en nous, son esprit dans le cœur de chacun.
Compagnon de la Libération, héros de l'Union soviétique, grand-croix de la Légion d'honneur, ils sont deux dans notre histoire à avoir réuni ces distinctions exceptionnelles. Roland de la Poype, Marcel Albert. Deux frères d'armes qui furent l'honneur de la France d'avoir traversé le monde pour se retrouver aux côtés de leur frères russes et résister à la barbarie nazie. Deux preux dont l'amitié incarnait le tissu de la France recousu. Marcel Albert, le titi métallo de Billancourt et Roland de la Poype, l'aristo lunaire d'Anjou. C'est l'épopée du Normandie-Niémen, voulu par le Général de Gaulle, contre l'avis des alliés anglo-saxons, Groupe de chasse numéro 3, quatorze pilotes, cinquante mécanos, débarqués sur la terre russe en novembre 1942 alors que la Bataille de Stalingrad bat son plein. De ce premier contingent, quatre pilotes revinrent vivants.
Pendant trois années, cette poignée de Français libres va arpenter l'immensité russe pour témoigner de la fraternité de la France face à l'ennemi fasciste. Au final, le meilleur score de la chasse française avec 273 victoires homologuées. Quatorze d'entre elles furent le fait de Roland de la Poype. Roland de Roncevaux avait entre ses mains Durandal, Roland de la Poype a un Yak, le n°24 sur lequel son mécano a peint une gueule de requin. Il appartient au 18ème régiment de la Garde commandé par le colonel Goboulov, unité de la prestigieuse 303ème division aérienne sous les ordres du général Zakharov. Mais le résultat de la présence du Normandie aux côtés des Russes ne se réduit pas à un score, elle refonde les bases légendaires d'une amitié entre les peuples qui dure encore.
Pour résumer cette épopée, Roland citait un exploit de pure fraternité qui, lorsqu'il l'évoquait, soixante ans après, lui nouait encore la gorge : le sacrifice de Maurice de Seynes.
La tradition sur le front russe était d'emporter lors des vols de liaison, dans la soute du Yak, le mécano attitré de l'avion. L'affection qui se tissait entre le pilote français et le mécanicien russe sont des liens que seules les misères d'une pareille guerre permettent de tisser. Le 15 juillet 1943, lendemain de la fête nationale française, changement de terrain. Les quatre escadrilles décollent les unes après les autres du terrain de Doubrovka. Maurice de Seynes emmène Vladimir Bielozoub, coincé derrière le siège du pilote, dans la soute, sans parachute. Au bout de quelques instants, de Seynes revient, l'habitacle envahi de fumée. Aveuglé, tentative après tentative, de Seynes essaie de se poser. Vainement. Le commandement français puis russe, lui ordonne d'abandonner son avion et de sauter en parachute. La vie d'un pilote expérimenté est une denrée rare et précieuse. De Seynes refuse. Sauter, c'est abandonner Bielozoub. Les camarades restés au sol entendent la respiration oppressée de leur camarade qui se mure dans le silence. Tous approuvent dans leur cœur le choix de Maurice. Ils feraient de même. Quelques instants plus tard, à l'issue d'une ultime tentative, l'avion percute le flanc d'une colline proche. Maurice de Seynes et Vladimir Bielozoub ont été enterrés côte à côte dans la terre de Doubrovka. A la fin de la cérémonie, les enfants du village sont venus déposer un bouquet tricolore de fleurs des champs sur les tombes des deux amis. Une semaine plus tard, à l'issue des féroces combats entourant le franchissement du fleuve Niémen, Staline accordait au groupe de chasse Normandie la dignité d’accoler à son nom celui de Niémen. En Russie, le nom des deux héros et le nom de Normandie-Niémen sont toujours connus par tous les écoliers et toujours enseignés avec respect.
Sans le Normandie-Niémen, sans les étoiles de Héros de l'Union soviétique accordés à quatre de ses aviateurs, sans le baiser à la Russe, sur la bouche, que Staline donna à Pouyade, le commandant du désormais célèbre Neu-Neu, selon son surnom familier, à la Noël 1944, les accords signés entre la France et l'Union soviétique la même nuit ne l'auraient pas été ; la France n'aurait sans doute pas été autorisé par Staline a figuré à la table des vainqueurs de Berlin, le 8 mai 1945. L'épopée Normandie-Niémen nous enseigne qu'il n'est pas de grande politique durable sans humanité. Ces garçons de vingt ans qui firent sérieusement, la guerre dans l'honneur jusqu'à la victoire, aimaient rire, vivre, aimer. Ils faisaient juste leur devoir de Français, sans lequel il ne peut exister nulle prétention à l'exercice d'aucun droit.
A côté de La Poype, Albert, le duo légendaire du Normandie, Marcel Lefèvre , Jean de Pange, Pierre Pouyade, Joseph Risso, les mécanos Georges Marcelin, Alexandre Kaprolov. Fraternité des gens de l'air... Et puis les amis d'Angleterre Jean Maridor, Christian Martell, Charles Ingold, Henri de Bordas, Claude Raoul-Duval, Pierre Clostermann, Paddy Finucane, « We few, we happy few, we band of brothers », disait Shakespeare.
La France libérée, Roland de la Poype a quitté l'uniforme, pris un métier, épousé une femme, fondé une famille qu'il a profondément aimée. Entrepreneur visionnaire, il réinvente l'industrie du plastique. Il créé le berlingot Dop, dessiné par Vasarely, ce conditionnement de shampoing commode et bon marché qui révolutionne l'hygiène en France. Ses emballages plastiques de l'agroalimentaire sont les plus présents en Afrique et en Amérique latine. Maire de Champigné, membre actif de l'Aéro-Club de France, la maison des ailes françaises, plus ancienne institution aéronautique au monde et dont il reçu comme Guynemer la grande médaille d'or. Roland touche à tout ; il invente une voiture économique, écologique, modulable, la Méhari, présente dans tous les musée de design. L'environnement pour lui est une passion avant qu'elle ne soit une mode. Il fonde le Marineland d'Antibes afin de permettre à ses contemporains de connaître la vie des grands animaux marins. Mais au milieu de ce parc éblouissant, il dresse un magnifique musée de la marine ainsi qu'un autre rendant hommage au débarquement de Provence d'Août 1944. La distraction se conjugue alors à la connaissance, à l'histoire, à la culture. On n'en finirait pas d'évoquer les projets futuristes que Roland de La Poype, jusqu'au bout, ne cessaient d'imaginer. Au final, il aura fait plusieurs fois fortune, réinvestisant à chaque fois le gain accumulé afin d'entreprendre une nouvelle aventure. La preuve par trois, en des temps où la cupidité est louée par les petits et les grands, que l'on peut faire fortune et enrichir la collectivité.
Toujours léger, il refusait farouchement tout statut d'icône, moquait tous ceux qui l'abordaient avec componction et solennité. Il détestait les contraintes mais vouait une une incroyable fidélité à la parole donnée. Nous eûmes quelques échanges philosophiques, que je recopiais précieusement sur mon carnet. Un jour, j'ai posé la question à Roland de la Poype :
- Dans le combat qu'est-ce qui distinguait un aviateur de la France libre d'un aviateur nazi ?
- La conscience que nous nous battions pour la liberté et la dignité, les Nazis pour l'esclavage et l'humiliation. C'était une guerre juste.
- Qu'est ce qu'une guerre juste ?
- Une réponse proportionnée à la menace, indispensable, tout les moyens de droits ayant été épuisés, sans but caché, sans violence inutile. C'était ça, la France libre. Pas facile la guerre juste !
Alors, il m'a répété la phrase de son maître, le plus jeune as de la « Bataille d'Angleterre », Wing commander à vingt et un ans, l'année de sa mort, l'Irlandais catholique Paddy Finucane « I shoot to hit the machine, not the lad in it. » « Je tire sur la machine, pas sur le gars dedans. »
Roland témoignait:
On peut faire la guerre sans l'aimer.
On peut aimer la vie sans craindre la mort.
Roland de la Poype s'inquiétait:
Où apprend-on aujourd'hui à être un soldat de la République ?
Où apprend-on à prendre les armes lorsque les valeurs universelles qui nous fondent sont menacées ?
Roland s'est éteint rempli des forces que donne l'amour en tenant la main de son épouse Marie-Noelle, de cet amour plus fort que la mort, qui continue une fois la terre quittée.
Bientôt les cendres de Roland de La Poype reposeront dans une petite chapelle des terres froides et solaires du Dauphiné, berceau de sa famille. Monter au ciel, quoi de plus prévisible pour un aviateur ? Rejoindre ses camarades, voler dans le ciel plan dans plan, comme soudés les uns aux autres, continuer à blaguer et à regarder du coin de son œil bleu ses amours, ses amis, restés sur terre.
This is it Chaps ! Dasvidania Tovaritch ! Adieu Roland !
par Max Armanet
Il est des hommes qui nous marquent. Il est des hommes qui nous entraînent. Il est des hommes qui nous illuminent. Nous sommes tous là, aujourd'hui, pour répondre à l'invitation de Roland de la Poype. Pour la dernière fois, nous voilà réunis autour de lui, autour d'une table, pour partager en sa compagnie le pain et le vin. Repas symbolique, partage spirituel, devant nous, le corps de Roland de la Poype au pied de cet autel, dans le chœur de cette église, en nous, son esprit dans le cœur de chacun.
Compagnon de la Libération, héros de l'Union soviétique, grand-croix de la Légion d'honneur, ils sont deux dans notre histoire à avoir réuni ces distinctions exceptionnelles. Roland de la Poype, Marcel Albert. Deux frères d'armes qui furent l'honneur de la France d'avoir traversé le monde pour se retrouver aux côtés de leur frères russes et résister à la barbarie nazie. Deux preux dont l'amitié incarnait le tissu de la France recousu. Marcel Albert, le titi métallo de Billancourt et Roland de la Poype, l'aristo lunaire d'Anjou. C'est l'épopée du Normandie-Niémen, voulu par le Général de Gaulle, contre l'avis des alliés anglo-saxons, Groupe de chasse numéro 3, quatorze pilotes, cinquante mécanos, débarqués sur la terre russe en novembre 1942 alors que la Bataille de Stalingrad bat son plein. De ce premier contingent, quatre pilotes revinrent vivants.
Pendant trois années, cette poignée de Français libres va arpenter l'immensité russe pour témoigner de la fraternité de la France face à l'ennemi fasciste. Au final, le meilleur score de la chasse française avec 273 victoires homologuées. Quatorze d'entre elles furent le fait de Roland de la Poype. Roland de Roncevaux avait entre ses mains Durandal, Roland de la Poype a un Yak, le n°24 sur lequel son mécano a peint une gueule de requin. Il appartient au 18ème régiment de la Garde commandé par le colonel Goboulov, unité de la prestigieuse 303ème division aérienne sous les ordres du général Zakharov. Mais le résultat de la présence du Normandie aux côtés des Russes ne se réduit pas à un score, elle refonde les bases légendaires d'une amitié entre les peuples qui dure encore.
Pour résumer cette épopée, Roland citait un exploit de pure fraternité qui, lorsqu'il l'évoquait, soixante ans après, lui nouait encore la gorge : le sacrifice de Maurice de Seynes.
La tradition sur le front russe était d'emporter lors des vols de liaison, dans la soute du Yak, le mécano attitré de l'avion. L'affection qui se tissait entre le pilote français et le mécanicien russe sont des liens que seules les misères d'une pareille guerre permettent de tisser. Le 15 juillet 1943, lendemain de la fête nationale française, changement de terrain. Les quatre escadrilles décollent les unes après les autres du terrain de Doubrovka. Maurice de Seynes emmène Vladimir Bielozoub, coincé derrière le siège du pilote, dans la soute, sans parachute. Au bout de quelques instants, de Seynes revient, l'habitacle envahi de fumée. Aveuglé, tentative après tentative, de Seynes essaie de se poser. Vainement. Le commandement français puis russe, lui ordonne d'abandonner son avion et de sauter en parachute. La vie d'un pilote expérimenté est une denrée rare et précieuse. De Seynes refuse. Sauter, c'est abandonner Bielozoub. Les camarades restés au sol entendent la respiration oppressée de leur camarade qui se mure dans le silence. Tous approuvent dans leur cœur le choix de Maurice. Ils feraient de même. Quelques instants plus tard, à l'issue d'une ultime tentative, l'avion percute le flanc d'une colline proche. Maurice de Seynes et Vladimir Bielozoub ont été enterrés côte à côte dans la terre de Doubrovka. A la fin de la cérémonie, les enfants du village sont venus déposer un bouquet tricolore de fleurs des champs sur les tombes des deux amis. Une semaine plus tard, à l'issue des féroces combats entourant le franchissement du fleuve Niémen, Staline accordait au groupe de chasse Normandie la dignité d’accoler à son nom celui de Niémen. En Russie, le nom des deux héros et le nom de Normandie-Niémen sont toujours connus par tous les écoliers et toujours enseignés avec respect.
Sans le Normandie-Niémen, sans les étoiles de Héros de l'Union soviétique accordés à quatre de ses aviateurs, sans le baiser à la Russe, sur la bouche, que Staline donna à Pouyade, le commandant du désormais célèbre Neu-Neu, selon son surnom familier, à la Noël 1944, les accords signés entre la France et l'Union soviétique la même nuit ne l'auraient pas été ; la France n'aurait sans doute pas été autorisé par Staline a figuré à la table des vainqueurs de Berlin, le 8 mai 1945. L'épopée Normandie-Niémen nous enseigne qu'il n'est pas de grande politique durable sans humanité. Ces garçons de vingt ans qui firent sérieusement, la guerre dans l'honneur jusqu'à la victoire, aimaient rire, vivre, aimer. Ils faisaient juste leur devoir de Français, sans lequel il ne peut exister nulle prétention à l'exercice d'aucun droit.
A côté de La Poype, Albert, le duo légendaire du Normandie, Marcel Lefèvre , Jean de Pange, Pierre Pouyade, Joseph Risso, les mécanos Georges Marcelin, Alexandre Kaprolov. Fraternité des gens de l'air... Et puis les amis d'Angleterre Jean Maridor, Christian Martell, Charles Ingold, Henri de Bordas, Claude Raoul-Duval, Pierre Clostermann, Paddy Finucane, « We few, we happy few, we band of brothers », disait Shakespeare.
La France libérée, Roland de la Poype a quitté l'uniforme, pris un métier, épousé une femme, fondé une famille qu'il a profondément aimée. Entrepreneur visionnaire, il réinvente l'industrie du plastique. Il créé le berlingot Dop, dessiné par Vasarely, ce conditionnement de shampoing commode et bon marché qui révolutionne l'hygiène en France. Ses emballages plastiques de l'agroalimentaire sont les plus présents en Afrique et en Amérique latine. Maire de Champigné, membre actif de l'Aéro-Club de France, la maison des ailes françaises, plus ancienne institution aéronautique au monde et dont il reçu comme Guynemer la grande médaille d'or. Roland touche à tout ; il invente une voiture économique, écologique, modulable, la Méhari, présente dans tous les musée de design. L'environnement pour lui est une passion avant qu'elle ne soit une mode. Il fonde le Marineland d'Antibes afin de permettre à ses contemporains de connaître la vie des grands animaux marins. Mais au milieu de ce parc éblouissant, il dresse un magnifique musée de la marine ainsi qu'un autre rendant hommage au débarquement de Provence d'Août 1944. La distraction se conjugue alors à la connaissance, à l'histoire, à la culture. On n'en finirait pas d'évoquer les projets futuristes que Roland de La Poype, jusqu'au bout, ne cessaient d'imaginer. Au final, il aura fait plusieurs fois fortune, réinvestisant à chaque fois le gain accumulé afin d'entreprendre une nouvelle aventure. La preuve par trois, en des temps où la cupidité est louée par les petits et les grands, que l'on peut faire fortune et enrichir la collectivité.
Toujours léger, il refusait farouchement tout statut d'icône, moquait tous ceux qui l'abordaient avec componction et solennité. Il détestait les contraintes mais vouait une une incroyable fidélité à la parole donnée. Nous eûmes quelques échanges philosophiques, que je recopiais précieusement sur mon carnet. Un jour, j'ai posé la question à Roland de la Poype :
- Dans le combat qu'est-ce qui distinguait un aviateur de la France libre d'un aviateur nazi ?
- La conscience que nous nous battions pour la liberté et la dignité, les Nazis pour l'esclavage et l'humiliation. C'était une guerre juste.
- Qu'est ce qu'une guerre juste ?
- Une réponse proportionnée à la menace, indispensable, tout les moyens de droits ayant été épuisés, sans but caché, sans violence inutile. C'était ça, la France libre. Pas facile la guerre juste !
Alors, il m'a répété la phrase de son maître, le plus jeune as de la « Bataille d'Angleterre », Wing commander à vingt et un ans, l'année de sa mort, l'Irlandais catholique Paddy Finucane « I shoot to hit the machine, not the lad in it. » « Je tire sur la machine, pas sur le gars dedans. »
Roland témoignait:
On peut faire la guerre sans l'aimer.
On peut aimer la vie sans craindre la mort.
Roland de la Poype s'inquiétait:
Où apprend-on aujourd'hui à être un soldat de la République ?
Où apprend-on à prendre les armes lorsque les valeurs universelles qui nous fondent sont menacées ?
Roland s'est éteint rempli des forces que donne l'amour en tenant la main de son épouse Marie-Noelle, de cet amour plus fort que la mort, qui continue une fois la terre quittée.
Bientôt les cendres de Roland de La Poype reposeront dans une petite chapelle des terres froides et solaires du Dauphiné, berceau de sa famille. Monter au ciel, quoi de plus prévisible pour un aviateur ? Rejoindre ses camarades, voler dans le ciel plan dans plan, comme soudés les uns aux autres, continuer à blaguer et à regarder du coin de son œil bleu ses amours, ses amis, restés sur terre.
This is it Chaps ! Dasvidania Tovaritch ! Adieu Roland !
mardi 4 septembre 2012
Bleu Horizon
Définition :
ligne en dessous de laquelle, ce serait le désastre, mais qui, comme l'horizon, recule au fur et à mesure qu'on avance, en l'occurrence descend en même temps que l'on dégringole, si bien qu'on ne la franchit jamais que quand on s'écrase contre la réalité, c'est-à-dire lorsque la guerre est perdue faute d'avoir été préparée.
ligne en dessous de laquelle, ce serait le désastre, mais qui, comme l'horizon, recule au fur et à mesure qu'on avance, en l'occurrence descend en même temps que l'on dégringole, si bien qu'on ne la franchit jamais que quand on s'écrase contre la réalité, c'est-à-dire lorsque la guerre est perdue faute d'avoir été préparée.
jeudi 2 août 2012
Avancer
Mieux vaut marcher sans savoir ou aller que de rester assis sans rien faire.
proverbe Touareg
Le stick
"Le stick est prêt, le stick est prêt,
Tout le monde ira, tout le monde ira.
Pas un ne se, pas un ne se, dégonflera.
Parachutiste, vois le ciel est clair,
Serre les dents, il est temps de sauter."
de la difficulter de décider
Au combat, on fait ce que l'on peut avec ce que l'on sait.
Maréchal FOCH
Maréchal FOCH
"Heureux les chefs qui n'ont qu'à guider des volontés si ardentes !"
Formidable
déjà, et soutenu d'ailleurs par une active propagande comme aussi par une
puissance militaire reconnue sur terre et sur mer, qui garantissait à ses
voyageurs de commerce comme à ses ingénieurs en quête de concessions à
l'étranger un accueil des plus avantageux et par là une capacité de pénétration
et d'acquisition incomparable, le développement allemand dans une marche
constante distançait grandement celui des autres nations. Sans faire de guerre
nouvelle, l'Allemagne conquérait progressivement le monde. Le jour où
l'humanité se serait réveillée de ses vieilles habitudes pour mesurer la
réduction de ses libertés et de ses possibilités, elle se serait trouvée tenue
par les éléments allemands établis dans les différents pays sous toutes les formes
mais restés toujours citoyens allemands grâce à leur double nationalité, et
recevant le mot d'ordre de Berlin. D'ailleurs, pas un gouvernement, surtout
d'essence démocratique, n'aurait pris la décision, devant cette hégémonie
allemande en marche, et en vue d'éviter le désastre final, la domination de son
pays par l'élément allemand, de prendre des dispositions particulières de
protection. Il aurait reculé devant la discussion et la lutte à entreprendre
avec un état si fortement armé que l'Allemagne. Loin de paraître chercher la
guerre, encore plus éloigné de la déclarer, il aurait même craint de la
provoquer, tant il eût redouté de déchaîner les horreurs qu'allait entraîner un
conflit moderne entre de grandes nations. En quelque vingt ans de paix le monde
se fût trouvé Germanisé, l'humanité ligotée.
Mais le
gouvernement de Berlin, grisé par sa puissance et emporté par un parti
pangermaniste aveugle, pleinement confiant d'ailleurs en son armée supérieure à
toute autre, ne craignait pas de recourir aux armes et d'ouvrir une ère de
lourdes hécatombes et de redoutables aventures pour hâter cette domination du
monde qui lui était réservée, à son sens.
L'Allemagne
de 1914 a d'ailleurs couru avec élan aux armes, pour appuyer ses grandioses et
folles aspirations et sans mesurer la grandeur des crimes qu'elle assumait
devant l'humanité. Elle était bien devenue une Grande Prusse.
De tout
temps, la Prusse, foyer de hobereaux et berceau du militarisme comme aussi
d'une philosophie fortement positive, avait entretenu une industrie nationale,
la guerre. Dirigée par une politique particulièrement chère aux Hohenzollern,
cette industrie avait fait de l'Électorat de Brandebourg l'empire allemand.
Après avoir écarté de l'Allemagne l'Autriche qui eût pu lui tenir tête et
représenter un autre idéal, la Prusse avait fait l'unité à son profit. Elle y
avait absorbé quantité de populations au génie pacifique et à la morale
purement chrétienne, telles que les populations rhénanes. Mais progressivement
sa main de fer, s'exerçant dans le domaine spirituel comme dans le domaine
matériel, par une administration d'essence ou de facture prussienne,
fonctionnaires, instituteurs, officiers, avait plié ces populations aux idées
et institutions des provinces orientales. Elle leur avait d'ailleurs apporté,
par son prestige militaire étendu sur le monde, un développement économique et
par là une prospérité matérielle inconnue jusqu'alors.
En 1914,
l'Allemagne est entièrement prussifiée. Chez elle, aux yeux de tous, la Force
crée le Droit. Et comme, d'autre part, les organisations militaires, base de
l'édifice, ont été soigneusement et richement entretenues, qu'elles ont marché
de pair dans leur développement avec l'essor économique, c'est une armée
supérieure à toute autre par ses effectifs, son armement, son instruction, que
l'Allemagne peut rapidement mettre sur pied pour réaliser et justifier le rôle
qui lui est assigné dans le monde par la supériorité de sa race. D'ailleurs,
l'appel à la force est un argument qui ne peut que faciliter sa marche à
l'hégémonie mondiale.
Il aura
l'avantage de précipiter le cours des événements, comme aussi d'en étendre et
d'en consolider les résultats. Une Allemagne victorieuse des grandes puissances
de l'Europe maîtrisera incontestablement tout l'ancien continent. Largement
établie sur la mer du Nord et sur la Manche, elle tiendra sous sa main la
puissance navale par excellence, l'Angleterre., et par là l'empire des mers.
Quel ne sera pas son pouvoir dans le monde ? N'est ce pas l'avenir désormais
assuré de la Weltpolitik ? Les flots de
sang que la guerre peut coûter à l'humanité ne sont pas à mettre en comparaison
avec les bénéfices qui en résulteront pour l'Allemagne. C'est par l'effusion du
sang que la Prusse a fait l'Allemagne, l'a grandie, et doit la grandir encore.
Telle est la philosophie du hobereau vainqueur, adoptée désormais par tous les
fidèles sujets allemands. Qu'importent les atteintes portées au droit et à la
vie des autres peuples ? La victoire qui est certaine les légitimera
pleinement. La morale ne peut dérailler, qui a la force pour elle. Et, conduite
par la férule prussienne, l'Allemagne aveuglée part en guerre dans un
enthousiasme général. "Deutschland über
alles !"
La
France de 1914, loin de désirer la guerre, à plus forte raison de la
rechercher, ne la voulait pas. Quand la lutte parut imminente à la fin de
juillet, le gouvernement français consacra tous ses efforts à la conjurer. Mais
pour faire honneur à sa signature, si les Alliés étaient attaqués, il
marcherait.
C'était
la politique que la République n'avait cessé de pratiquer depuis plus de
quarante ans. Sans jamais oublier les provinces perdues, tout en cherchant à
cicatriser la plaie toujours saignante qu'avait causée leur arrachement, la
France avait répondu par une attitude pleine de dignité et de résignation aux
virulentes provocations des incidents de Schnoebelé, de Tanger, d'Agadir, de
Saverne et autres. Elle avait successivement réduit la durée de son service
militaire de cinq ans à trois ans, puis de trois ans à deux ans, et ce n'est
que sous la menace des continuels renforcements allemands et sous l'empire des
plus légitimes inquiétudes et d'une évidente menace, qu'elle était revenue
hâtivement en 1913 au service de trois ans. Il en était grand temps. Elle était
bien résolue à ne recourir à la force que le jour où son existence et sa
liberté seraient mises en péril par une agression allemande. Seul un pareil
danger pouvait décider à la guerre un gouvernement démocratique, assez éclairé
pour mesurer la grandeur des sacrifices et l'ampleur du cataclysme qu'une
guerre européenne devait entraîner dans la vie des peuples.
Au mois
de juillet de cette année 1914, si le ciel franco-allemand continuait de rester
chargé de nuages, la France toujours forte de sa sagesse croyait l'orage si peu
prochain que le Président de la République et le Président du Conseil des
ministres partaient, au lendemain de la fête nationale, pour la Russie, en un
voyage de plusieurs semaines. Pour un grand nombre d'autorités, pour le
Parlement, commençait la saison des vacances. Moi-même je partais de Nancy le
18 juillet avec l'intention de passer quinze jours de congé en Bretagne.
Brusquement,
le 23 juillet, l'ultimatum de l'Autriche à la Serbie, par ses conditions
inacceptables, semblait-il, apportait dans le ciel politique une formidable
décharge électrique. Et comme, néanmoins, la Serbie les acceptait avec deux
faiblies réserves tendant à s'en remettre au jugement des grandes puissances et
du tribunal de La Haye, le représentant de l'Autriche à Belgrade quittait sa
résidence, en rompant les relations et en déclarant la réponse insuffisante.
Par là s'affirmait le parti pris bien arrêté de l'Autriche de prendre les armes
sans plus d'examen. D'autre part, l'alliance étroite qui unissait les deux
empires centraux laissait craindre que l'engagement du fidèle second fût le
simple prélude de l'entrée en action déjà décidée de l'Allemagne, que le
conflit cherché en Orient fût l'avant-coureur de celui poursuivi en Occident.
Le rapide développement des faits ne tardait pas à l'établir.
Le 28
juillet, l'Autriche déclare la guerre à la Serbie ; le 29, elle bombarde sa
capitale, Belgrade ; le 31, elle ordonne la mobilisation générale de ses
troupes. En vain le gouvernement de Londres a-t-il proposé de soumettre le
litige à un arbitrage de quatre grandes puissances désintéressées, France,
Angleterre, Allemagne, Italie ; en vain la Russie a-t-elle souscrit à cette
proposition, l'Allemagne s'est dérobée à ces tentatives d'apaisement. Dès le
26, elle a menacé la Russie de mobiliser son armée, et par mobilisation il
fallait entendre guerre, ajoute son ambassadeur à Petrograd. En fait, à la
mobilisation autrichienne du 31, la Russie répond par une mesure du même ordre.
L'empereur d'Allemagne proclame le Kriegsgefahrzüstand,
qui comporte la majeure partie des dispositions de mise sur pied de guerre de
l'armée allemande. En même temps, il demandait au gouvernement français une
déclaration de neutralité de garantie par la livraison de Toul et de Verdun aux
troupes allemandes pour la durée de la guerre. Et tandis que, dans cette même
journée, l'Autriche témoignait d'un certain désir de détente, l'Allemagne
adressait un ultimatum à la Russie, et, dès le fer août, elle prescrivait le
complément des mesures de la mobilisation générale destinées à grouper ses
forces sur les deux fronts de l'est et de l'ouest. Elle déclarait la guerre à
la Russie ; la France y répondait en décrétant la mobilisation générale.
Dès à
présent, retenons que le conflit engagé, comme on l'a vu, par les empires
centraux, contre une nation slave allait entraîner l'entrée en action de toutes
les forces russes amenées au plus tôt à la guerre. Un débat soulevé par ces
empires sur la question d'Occident eût pu déterminer un départ moins résolu des
forces du vaste empire moscovite, et par là réduire pour quelque temps l'aide
qu'il allait apporter à la France. Le gouvernement de l'Allemagne ne regardait
pas de si près aux détails de sa politique. Le triomphe de ses armes ne faisait
aucun doute à ses yeux, à la condition d'agir avec résolution et rapidité. Sa
confiance était absolue dans un outil militaire supérieur à tout ce qui avait
été vu jusqu'alors par le nombre des unités mobilisées, le degré de leur
instruction, la puissance de leur armement, la préparation de leurs opérations,
l'esprit qui les animait, le savoir qui les guidait.
Dans la
même absolue confiance, au mépris du droit le plus élémentaire, un ultimatum
était adressé, dès le 2 août, à la Belgique d'avoir à laisser passer librement
sur son territoire les armées allemandes, qui d'ailleurs violaient la
neutralité du Luxembourg sans plus d'égards. Et ces décisions avaient pour
conséquence de vaincre les dernières hésitations du gouvernement de Londres et
de jeter dans les rangs alliés les armées britannique et belge. Que les
gouvernants allemands aient commis là une méprise, ou éprouvé une surprise, il
leur importait peu. Une large offensive, rapidement exécutée, suivant un plan
soigneusement réglé, n'aurait-elle pas raison même d'une coalition qui était
encore en voie de formation et qui se montrait retenue d'ailleurs par des
sentiments d'honneur ou par des scrupules de conscience ? Avec ses faiblesses
ou ses délicatesses pourrait-elle arrêter dans sa marche la plus formidable
machine de guerre qui ait jamais existé et qui se trouvait déjà lancée en
pleine opération ? Et d'autre part, si les gouvernements alliés tentaient de
résister à la politique allemande, l'armée n'était-elle pas en état de briser
la volonté des peuples, en semant la terreur dans les pays envahis, par des
procédés que les nécessités de la guerre seraient censées justifier ? Un mot
d'ordre, "c'est la guerre", dans la bouche du général comme dans
celle du soldat, n'allait-il pas légitimer les plus inutiles atrocités et les
plus violentes atteintes aux droits de l'humanité ? Une fois de plus, la
victoire, qui devait justifier tous les procédés et régler tous les différends,
était certaine au prix d'une offensive immédiate et audacieuse, dégagée de tout
scrupule, dût-elle même étendre et redoubler les rigueurs de la guerre sur des
populations inoffensives. Il n'y avait qu'à marcher résolument et rapidement,
en se faisant précéder de la terreur et accompagner de la dévastation.
La lutte
qui allait s'engager trouvait l'armée française dans le même état moral que la
nation entière. Cette armée de la République, reconstituée au lendemain de nos
désastres de 1870, la première qui ait connu le service personnel obligatoire,
avait produit un extraordinaire effort de régénération. Si, au cours de cette
période de temps, la nation avait affirmé, par ses sacrifices, sa volonté de
vivre et de tenir son rang en Europe, l'armée, dans un admirable labeur, avait
recherché avec acharnement la manière de résister victorieusement à une
nouvelle agression de son puissant voisin. Elle poursuivait pour cela l'étude
et la préparation de la grande guerre, dont la notion avait été perdue par
l'armée impériale ainsi qu'en témoignaient deux désastres sans précédent : Metz
et Sedan. Elle préparait ensuite les forces d'où sort la victoire. Elle
développait dans les troupes la valeur morale, le savoir professionnel et
l'entraînement physique, pour faire avant tout de ces troupes un excellent
outil de guerre. Dans les manœuvres de toutes sortes, répétées et prolongées au
mépris de sérieuses fatigues, on pouvait toujours remarquer, au-dessus de
l'excellent esprit de tous, leur ardent désir de s'instruire, comme aussi une
endurance et une discipline que les anciennes armées n'avaient pas connues.
Progressivement les exercices d'automne, auxquels prenaient part certaines
classes de réservistes, avaient permis de réunir et de faire opérer, dans un
ordre et une régularité parfaits, de grandes unités : divisions, corps d'armée,
armées. L'emploi aisé de ces forces et des nombreux services qu'elles
comportent, combiné avec une large utilisation des chemins 'de fer, était
devenu familier au commandement, et cette facilité de maniement répandait une
entière confiance dans tous les rangs de l'armée. Les réservistes,
momentanément arrachés à la vie civile, venaient couramment reprendre, avec
leur place dans le régiment, l'excellent esprit de leur corps. Les officiers de
complément, de la réserve et de la territoriale, sérieusement recrutés et
éprouvés, assuraient de précieuses ressources pour l'avenir. Le regard toujours
tourné vers la frontière, sans se laisser détourner de sa tâche patriotique, le
corps d'officiers de l'active avait traversé, impassible mais non sans éprouver
des pertes, les crises de la politique, époques de patriotisme réduit, de
pacifisme voulu ou de sectarisme officiel, sorte d'abdication nationale
exploitée en tout cas par certains partis au profit d'intérêts personnels et
non de personnalités marquantes, au total au détriment de la valeur militaire
du corps d'officiers. Malgré tout, il avait conservé son armée à la France. En
définitive et notamment pour qui a connu les armées du second Empire, l'armée
de la République était devenue, par un travail opiniâtre de tous, un supérieur
instrument de guerre, animée au plus haut degré du sentiment du devoir, résolue
à assurer à tout prix le salut du pays. En 1914, il .lui restait à affronter
l'épreuve du champ de bataille. On ne pouvait douter des moyens moraux qu'elle
allait y apporter. L'existence du pays était alors en jeu ; pour la sauver,
elle ne reculerait devant aucun effort ni aucun sacrifice ; du chef le plus,
élevé au soldat le plus modeste, ce serait un continuel assaut d'abnégation et
de dévouement ; seules des capacités ouvriraient des titres aux différents
emplois.
En présence de l'armement moderne, ces vertus
suffiraient-elles ?
Le
commandement des armées avec leurs états-majors et leurs services avait été
méthodiquement organisé de longue date. Il comportait de hautes personnalités
militaires, avec des sous-ordres parfaitement entraînés à leurs fonctions.
Le
commandement des unités moindres, corps d'armée, divisions, brigades, se
ressentait encore des ingérences de la politique dans l'avancement des
officiers, sous certains ministères. La présence à la tête de l'armée, depuis
1911, d'un généralissime hautement doué et soutenu de la confiance du
gouvernement de la République avait permis de réduire, mais non de supprimer,
le nombre des chefs d'une valeur insuffisante que leurs opinions avaient fait
parvenir à certains commandements. Le mal n'était pas entièrement réparé.
Constatons-le
au passage, la situation de l'officier lui interdit de se mêler aux luttes de
la politique, en paix comme en guerre, de prendre parti dans ses querelles. Sa
valeur professionnelle ne se montre que sur le terrain d'action, devant ses
seuls congénères, pairs ou supérieurs ; elle échappe de la sorte au jugement
des hommes politiques, et quand ceux-ci se voient entourer de clients
militaires, avec un peu de discernement et de sincérité ils n'y trouveront
généralement que des disgraciés du terrain de manœuvre, de simples adorateurs
du pouvoir, invoquant au prix de leur droiture, c'est-à-dire au prix de leur
caractère désormais affaibli, des idées dites philosophiques ou de prétendues
opinions politiques, pour motiver une ambition militaire qui n'est pas
justifiée par ailleurs. C'est ainsi que la politique n'apporte guère dans le
choix de l'officier que l'erreur et l'injustice, deux causes d'affaiblissement
du corps d'officiers.
Prise
dans son ensemble, notre armée de 1914 a les défauts de ses qualités ;
par-dessus tout, un esprit d'offensive qui, à force d'être accentué et
généralisé, va devenir exclusif et conduire trop souvent à une tactique aveugle
et brutale, par là dangereuse, comme aussi à une stratégie simple et uniforme,
facilement stérile, impuissante et coûteuse. Au total, d'une doctrine par trop
sommaire, on peut attendre des surprises aux premières rencontres. Cette armée
sort d'une période de quarante ans de paix. Pendant ce temps, les exercices
qu'elle a faits n'ont pu lui donner l'idée des rigueurs du champ de bataille
moderne ni de la violence des feux qui le dominent. Une étude établie sur les
faits de guerre de 1870 notamment, et consacrée par nos règlements, eût pu lui
faire saisir la puissance destructive de l'armement actuel et le compte à en
tenir. En fait, les considérations et recommandations développées dans le
règlement de 1875 étaient déjà lointaines et bien perdues de vue. Beaucoup de
nos officiers, depuis ce temps, avaient pris part à des conquêtes coloniales,
mais ils n'avaient pas rencontré 1k cet armement redoutable aux mains d'un
adversaire averti. C'est ainsi que des grandes manœuvres et des expéditions
coloniales, on avait rapporté comme formule du succès, comme doctrine de
combat, la toute-puissance d'une offensive faite de la volonté bien arrêtée de
marcher résolument à l'ennemi pour le joindre. On avait préconisé des
formations d'attaque capables de nourrir immédiatement le combat. Pour le
général ét l'officier de troupe, comme pour le simple soldat, on a brodé tous
les thèmes sur le canevas des forces morales, et surtout de sa volonté de
vaincre, sans plus de ménagement ni de discernement. Dès lors, le jour venu,
l'engagement se développe rapidement et en forces, mais souvent dans l'inconnu,
sans une préparation suffisante par les feux, notamment d'artillerie plus
longue à asseoir. Les forces largement dépensées, faiblement appuyées par le
canon, principalement préoccupées du besoin d'aller vite et avec ensemble, se
trouvent bientôt désarmées, exposées et éprouvées devant les invisibles armes
qui se dressent, qui les frappent de toutes parts. Malgré toute leur énergie,
elles ne peuvent parvenir à joindre l'adversaire. Il faut reprendre le combat
par les feux ; elles s'arrêtent épuisées et éprouvées dans des formations
relativement serrées. Dans cette situation avancée et en un groupement trop
dense, elles doivent attendre que l'artillerie encore à distance ait battu les
obstacles ou les pièces qui les arrêtent. Les pertes s'élèvent, et c'est ainsi
que l'impuissance et l'échec, en tout cas des pertes sérieuses, sortiront
souvent d'une entreprise incomplètement préparée, quoique largement dotée et
vigoureusement menée par une infanterie qui croyait pouvoir par sa seule valeur
briser l'obstacle brusquement dressé devant elle de la mitrailleuse ou du canon
ennemi.
Si
l'idée de l'offensive par-dessus tout, de la marche résolue en avant, suffit à
la rigueur de catéchisme au soldat, au simple combattant, elle ne peut suffire
en effet, comme on l'a vu, au chef chargé de mener une troupe. Dès que celle-ci
présente un certain effectif, il lui faut faire précéder et accompagner sa
marche en avant d'éclaircissements et de précautions comme d'aides diverses.
Il lui
faut, sans supprimer le principe indispensable du mouvement, ne l'appliquer
qu'à la lumière des éclaircissements recherchés, à l'abri de certaines
sauvegardes et de liaisons préalablement assurées, avec des forces
progressivement engagées et avancées, ne se regroupant en formation d'attaque
qu'au moment voulu, devant les objectifs indiqués, les obstacles reconnus et
abattus par le canon.
S'agit-il
d'unités importantes, l'instruction provisoire, puis le règlement sur la
conduite des grandes unités avaient, en 1912 et en 1913, posé sans plus de
réserve le dogme de l'offensive comme ligne de conduite : "Les enseignements du passé ont porté leurs
fruits," y était-il écrit. "L'armée
française revenue à ses traditions n'admet plus dans la conduite des opérations
d'autre loi que l'offensive." En 1870, notre commandement
avait péri de son attachement à la défensive et à la défensive passive. En
1914, il allait éprouver d'inutiles échecs et des pertes cruelles, conséquences
de sa passion exclusive de l'offensive et de sa seule connaissance des procédés
qu'elle comporte, systématiquement appliqués en toute circonstance. En réalité,
et en tout temps, il doit savoir à fond la force et les faiblesses de
l'offensive comme de la défensive ainsi que leurs conditions de possibilité,
car c'est seulement d'une judicieuse combinaison et application des deux
systèmes qu'il fera sortir une puissante action offensive au point voulu. Cette
obligation grandit avec le nombre des troupes engagées.
Moins
que tout autre, le chef d'une grande unité ne peut se contenter d'être un grand
soldat, se bornant à ordonner l'attaque, à appliquer uniformément des
dispositions indiquées à la troupe pour des unités moindres. Il ne peut en fait
monter l'offensive, avec chance de succès d'atteindre l'ennemi, que sur les
terrains praticables à une forte infanterie et favorables à une forte
artillerie. Partout ailleurs, c'est la démonstration ou même la défensive que
le terrain lui impose. Il doit se limiter dans ses vues. Aussi, tout commandant
de division, à plus forte raison de corps d'armée et bien plus le généralissime
des armées, doit-il tenir compte du terrain dans l'emploi qu'il fait de ses
forces, la tâche qu'il leur assigne, le mode d'action qu'il en attend. Il doit
simultanément jouer de l'offensive en certains points, de la défensive et de la
démonstration dans d'autres, constamment combiner ces différents termes, bien
loin de ne connaître qu'un esprit d'offensive devenant aveugle et par là
dangereux, à force d'être systématisé et généralisé.
A
différentes reprises nous aurons à souffrir de cet abus d'une idée juste, celle
de l'offensive, appliquée sans plus de discernement.
En même
temps qu'on surexcitait et qu'on étudiait, comme nous l'avons vu, ces idées
d'offensive dominant toute autre considération et reposant sur une appréciation
insuffisante de la puissance prise par les feux, on avait attaché à l'armement
une trop faible importance. Ainsi notre infanterie était moins bien dotée en
mitrailleuses que l'infanterie allemande.
Notre
corps d'armée ne comprenait que 120 canons, tous de 75, tandis que le corps
d'armée allemand, moins riche en infanterie cependant, comprenait 160 pièces
dont un certain nombre sont des obusiers de 105 mm et de 15 cm. Il en était de
même de notre artillerie lourde d'armée, notablement inférieure, par le nombre
et le calibre des pièces, à l'artillerie lourde allemande. Malgré toutes ses
vertus, notre excellent 75 ne pourra compenser, notamment dans l'offensive, ces
insuffisances de chiffres, de calibres, et son incapacité de tir courbe. Dans
la défensive, par ses puissants tirs de barrage, il nous rendra les plus grands
services, en brisant implacablement de formidables attaques de l'ennemi ; mais
faudrait-il, pour pouvoir soutenir avantageusement cette tactique, qu'il ait
derrière lui de sérieux approvisionnements de munitions. Il ne dépassait pas en
fait 1500 coups par pièce et les fabrications de gargousses étaient très
faiblement préparées. Nos services de l'aviation, des communications, présentaient
également de notables insuffisances. Si le discours de M. Charles Humbert, dans
l'été de 1914, avait donné le coup d'alarme, il arrivait trop tard pour pouvoir
être suivi d'une amélioration de notre côté, et il pouvait être pour l'ennemi
un précieux avertissement.
C'est
qu'en réalité un gouvernement bien décidé à ne vouloir que la paix, et
n'envisageant que la nécessité de se défendre, avait longtemps résisté aux
dépenses militaires et, par là, restreint les moyens matériels de plus en plus
indispensables à une armée pour mener à bien une attaque, avec l'importance que
l'armement prenait dans la. lutte. Dès lors, l'offensive comme forme générale
de notre action allait rencontrer de réelles difficultés d'exécution. Tant il
est vrai que la politique et la conduite de la guerre se trouvent étroitement
liées, que celle-ci ne peut être tout d'abord que le prolongement de celle-là.
Pour si ardent qu'il soit et si désireux d'aboutir à la victoire par
l'offensive qui seule la fournit, le chef de la guerre est obligé souvent, par
la situation que la politique lui a créée, d'envisager tout d'abord la
défensive.
Plus il
est réduit dans son armement d'attaque, plus sa stratégie en doit tenir compte
pour préparer la défensive et l'organiser sur des parties de son front de plus
en plus larges, afin de pouvoir concentrer les moyens d'attaque limités dont il
dispose sur les autres parties où il peut alors attaquer en bonne forme. Une
fois de plus constatons que l'idée, la technique et la pratique de la défensive
doivent être également familières au commandement, aux différents degrés. De
tout temps n'a-t-il pas fallu savoir parer et attaquer pour avoir raison d'un
adversaire sérieux ? Décidément la doctrine sommaire de l'offensive, qui allait
entraîner nos troupes dans une attaque brutale et aveugle, ne pouvait davantage
suffire au ,haut-commandement. Elle devait le conduire tout d'abord, et comme
on vient de le voir, à une impuissante stratégie, à moins qu'il ne disposât
d'effectifs supérieurs, assez forts et assez manœuvriers pour produire
l'enveloppement de l'ennemi à l'une au moins de ses ailes, après avoir paré
celui de l'ennemi. Les effectifs français de 1914, même renforcés de l'armée
britannique encore peu nombreuse au début de la guerre, ne permettaient pas
d'envisager une telle entreprise. Notre doctrine de la guerre était donc trop
courte, en se limitant pour tous à une magnifique formule d'offensive par trop
exclusive.
Pour
compenser ces faiblesses doctrinales, nous avions un état-major de premier
ordre, parfaitement rompu à son métier propre et comprenant en outre des
esprits d'une grande valeur. L'École supérieure de guerre et le Cours des
hautes études militaires avaient en effet développé le goût du travail chez
beaucoup d'officiers, comme aussi entretenu et étendu leurs facultés. Les
natures bien douées allaient profiter du savoir acquis comme aussi de leurs
capacités largement agrandies et fortement assouplies. Elles allaient pouvoir
rendre pendant la guerre les meilleurs services en s'adaptant aux
circonstances, si nouvelles fussent-elles. Mais encore fallait-il les diriger,
car en majorité ils étaient de jeunes officiers, et par suite manquaient de
maturité, c'est-à-dire de l'expérience qui seule donne au jugement tout son
développement, et de l'autorité qui seule garantit au commandement le calme et
l'aplomb des justes et fortes décisions.
En tout
cas, et dès le début, toutes les opérations de réquisition, mobilisation,
transports de concentration ou de ravitaillement, et l'ensemble des services de
l'arrière aux proportions extraordinaires, s'exécuteront avec une parfaite
précision.
La
déclaration de guerre me trouvait placé depuis un an à la tête du 20e corps.
La ville
de Nancy et la Lorraine avec elle respiraient à un degré particulièrement élevé
les sentiments patriotiques qui animaient la France entière. Pendant plus de
quarante ans, elles ont tendu les bras par-dessus la frontière à leurs sœurs
captives de Metz et de Lorraine annexée. Le jour approche-t-il enfin où leurs
destinées seront de nouveau confondues ? Dans le calme, l'ordre le plus absolu,
avec une froide résolution de faire face à toutes les éventualités, on reçoit
les nouvelles signalant successivement les dispositions prises par les
Allemands à leur frontière : arrêt des communications, de la circulation des
trains, du passage de tous les voyageurs ; on apprend les décisions du
gouvernement français. On commence et on poursuit la mobilisation, la
réquisition des chevaux et des voitures.
Nulle
part il n'y a de méfaits, ni de traces de défaillance. Dans quelques jours
peut-être la bataille sera aux portes de la ville, personne ne songe à partir,
tant sont grandes la confiance de chacun en son droit, l'unanime volonté d'être
à la hauteur de toutes les circonstances, la foi entière en la valeur des
troupes.
Ici,
c'est le 20e corps, avec ses deux divisions d'infanterie, 11e et 39e, avec sa
2e division de cavalerie, son artillerie modèle. On ne peut voir de plus belles
troupes. Quelle ardeur concentrée chaque régiment n'a-t-il pas entretenue, le
long de cette frontière qui marquait un arrachement à la France ?
Quel
entraînement, quelle instruction n'a-t-il pas développés pour vaincre dans la
grande rencontre ? Quel entrain et quelle allure n'a-t-il pas préparés pour ce
jour-là ? Quel esprit de corps n'a-t-il pas nourri pour que son numéro en sorte
le plus glorieux ? En fait, il avait par là créé de si fortes traditions
qu'elles se maintiendront au travers de toutes les épreuves de la guerre, si
cruelles soient-elles, et que chacun de ses régiments se montrera encore, en
1918, un des mieux trempés de l'armée, bien qu'il ait perdu tous les éléments
de 1914. Dès le temps de paix, les satisfactions du commandement étaient
particulièrement grandes dans ces troupes ; pour cette raison, elles étaient
fort recherchées des officiers travailleurs et ardents, notamment des chefs de
corps.
C'est
ainsi que les influences régionales et les attractions de carrière s'étaient
ajoutées pour réunir des troupes et un corps d'officiers magnifiques, et donner
au 20e corps une valeur, un savoir et un mordant de tout premier ordre. Le
désir est si grand de marcher à l'ennemi et de se mesurer avec lui, il est
accompagné d'un tel mépris du danger, qu'on peut seulement redouter de le voir
l'affronter parfois d'une façon inconsidérée.
Dans mon
commandement d'avant guerre, mes efforts avaient uniquement tendu à éclairer
encore et à raisonner dans le corps d'officiers cette magnifique ardeur, source
de toutes les énergies et par là de tous les espoirs. Il était inutile de
l'exciter. Mais il y avait lieu de le mettre en garde devant la difficulté de
la tâche, contre la précipitation ou le manque d'ensemble dans l'action des
armes. Heureux les chefs qui n'ont qu'à guider des volontés si ardentes !
Maréchal FOCH
Mauvaise anticipation
« Croyez-moi,
les Anglais n’auront pas d’archers »
Charles VI à propos des préparatifs de la bataille d'Azincourt
Une impression de déjà vu
The ebb and flow of
the Atlantic tides, the drift of the continents, the very position of the sun
along its ecliptic.
THESE are just a FEW
of the things I control in my world!
Is that clear ?
"GI Jane"
Master Chief Urgayle
vendredi 20 juillet 2012
197 jours, un été en Kapisa
La vie ne consiste pas à attendre que l’orage passe, mais à apprendre à danser sous la pluie.
Julien PANOUILLE
éditions Mélibée
Julien PANOUILLE
éditions Mélibée
dimanche 22 avril 2012
Afghanistant : la guerre inconnue des soldats français
« Comme tous ses camarades, le jeune caporal Panezyck reste accroupi quelques instants avant de s’élancer, puis court à grandes enjambées (…) Mais Panezyck ne rejoindra par l’autre rive. Il s’écroule au bout de quelques mètres, fauché par un tir précis »
« Quelques secondes plus tard, le lieutenant Mezzasalma s’élance au secours de Panezyck alors que tout autour de lui, les hommes ouvrent le feu en direction de la zone d’où proviennent les tirs. C’est un acte de courage insensé qui touche à ce qu’il y a de plus sacré entre tous les soldats : être capable de donner sa vie pour les autres. Touché à son tour, alors qu’il rejoint le corps de Panezyck, il se bat jusqu’au dernier souffle, tirant ses dernières balles avec son arme de poing ».
"Afghanistan : La guerre inconnue des soldats français"
Nicolas Mingasson
( Editions Acropole)
« Quelques secondes plus tard, le lieutenant Mezzasalma s’élance au secours de Panezyck alors que tout autour de lui, les hommes ouvrent le feu en direction de la zone d’où proviennent les tirs. C’est un acte de courage insensé qui touche à ce qu’il y a de plus sacré entre tous les soldats : être capable de donner sa vie pour les autres. Touché à son tour, alors qu’il rejoint le corps de Panezyck, il se bat jusqu’au dernier souffle, tirant ses dernières balles avec son arme de poing ».
"Afghanistan : La guerre inconnue des soldats français"
Nicolas Mingasson
( Editions Acropole)
mercredi 18 avril 2012
Grandeur
"Le guerrier est grand non parce qu'il tue, mais parce qu'il meurt. Ou parce qu'il sait qu'il va mourir. Et y consent.
Et que ce n'est pas si simple que cela, d'accepter de mourir".
Charles PEGUY
Et que ce n'est pas si simple que cela, d'accepter de mourir".
Charles PEGUY
vendredi 30 mars 2012
Self-Pity
I never saw a wild thing sorry for itself.
A bird will fall frozen dead from a bough without ever having felt sorry for itself.
D.H. Lawrence
Quoted by Master Chief Urgayle in movie "GI Jane"
Remember, there are no bad crews, only bad leaders !
A bird will fall frozen dead from a bough without ever having felt sorry for itself.
D.H. Lawrence
Quoted by Master Chief Urgayle in movie "GI Jane"
Remember, there are no bad crews, only bad leaders !
jeudi 29 mars 2012
Johann Wallish, "Enfant du Danube, Fils de France"
La longue marche après Dien Bien Phu
Entraîné par la foule des prisonniers, je marche comme un mouton. J’ai mis quelques temps avant de retrouver mes esprits et mon sang-froid.
Mon premier réflexe est alors de chercher les copains du 2e BEP et, par chance, j’en trouve quelques-uns.(…)
Se reconnaître est ardu car nous sommes amaigris et sales, les visages noircis de crasse et mangés par la barbe. Nos vêtements sont déchirés, en loques, tâchés par la boue et le sang. Il est difficile de voir dans ces épaves humaines les fiers légionnaires parachutistes que nous étions avant d’arriver dans cette cuvette de malheur.
Il m’est pénible de parler des événements qui vont suivre.
Comment expliquer l’inexplicable ?
Comment avouer l’inavouable ?
Il me faut plonger au plus profond de ma mémoire pour faire ressurgir les détails de l’enfer que j’ai vécu. Me souvenir à quel point j’ai été proche de la mort, me rappeler à quel point la captivité a été dure, physiquement et moralement. L’expression de la vérité crue est une épreuve, d’autant plus que ce que j’ai fait, pas fait ou vu faire est à peine compréhensible par une personne qui n’a pas connu cette situation.
Dans le récit de ma captivité, vous ne trouverez rien qui corresponde à une quelconque règle d’une vie civilisée. Pas plus que vous ne trouverez de notions d’humanité. Parce qu’il n’y en avait pas. Il y eut certes de beaux gestes mais si rares au milieu de tant d’avanies, de misères, de violence…
A côté des devoirs de camaraderie et de solidarité qui régissent les relations entre soldats, vous verrez des attitudes égoïstes, inhabituelles, cruelles. Rien de ce qui est normal n’existe plus. Tout est balayé par une bestiale envie de survivre. Chaque jour qui passe est une victoire mais à quel prix !
"Enfant du Danube, Fils de France"
Johann Wallish et Laurent Grasser – Preuschdorf Editions
Faire face
"Les biens du monde dont l'homme agrémente sa vie ne font que les délices du corps. Ils prêtent à rire sur la ligne de feu. L'homme se croit haussé dans l'existence ordinaire par les artifices qui flattent sa vanité. On peut vivre sans couverts d'argent, sans couverts de rechange. Malheureuse étiquette que les hommes inventent pour se distinguer, faute de se distinguer par les vertus de l'âme. Il faut bien des insignes de domination aux hommes sans titres pour dominer. A la guerre, il n'est de domination que de soi-même et de valeur que ses vertus."
René QUINTON
Savant naturaliste, physiologiste et biologiste français, autodidacte et sûrmeent dépassé maintenant mais ..
En 1914, René Quinton a 48 ans. Bien qu’il soit dégagé de toute obligation militaire, son patriotisme le conduit à s’engager dans l’artillerie dès le mois d’août. Pendant quatre années, ses travaux sont mis de côté. Blessé à plusieurs reprises, ses faits d’armes lui valent les éloges du Maréchal Foch : « Officier de la plus rare intrépidité dont il est impossible d’énumérer les actes de bravoure... S’est affirmé comme un excellent commandant de groupe, ayant la plus grande autorité et sachant obtenir de son personnel le rendement maximum. »
René QUINTON
Savant naturaliste, physiologiste et biologiste français, autodidacte et sûrmeent dépassé maintenant mais ..
En 1914, René Quinton a 48 ans. Bien qu’il soit dégagé de toute obligation militaire, son patriotisme le conduit à s’engager dans l’artillerie dès le mois d’août. Pendant quatre années, ses travaux sont mis de côté. Blessé à plusieurs reprises, ses faits d’armes lui valent les éloges du Maréchal Foch : « Officier de la plus rare intrépidité dont il est impossible d’énumérer les actes de bravoure... S’est affirmé comme un excellent commandant de groupe, ayant la plus grande autorité et sachant obtenir de son personnel le rendement maximum. »
La vraie mesure c'est l'effort
"Une civilisation repose sur ce qui est exigé des hommes et non sur ce qui leur est fourni".
"Citadelle"
Antoine de Saint-Exupéry
un peu d'humour
"Ce n'est pas parce que nous n'avons servi à rien aujourd'hui que nous ne serons pas inutiles demain !"
mercredi 8 février 2012
Les missionnaires armés
"La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme ennemis."
Robespierre
Premier discours sur la guerre au Club des Jacobins, le 2 janvier 1792.
Robespierre
Premier discours sur la guerre au Club des Jacobins, le 2 janvier 1792.
jeudi 2 février 2012
jeudi 15 septembre 2011
Honneur et Vertu
« La Cité n'est donc pas précisément une communauté de lieu, ni n'a été instituée pour le simple effet de se préserver des injustices d'autrui ou d'entretenir commerce. Tout cela doit exister avant la formation de l'Etat, mais ne suffit pas à le constituer.
La Cité est une société établie, par maisons et familles, pour vivre bien, c'est-à-dire pour mener une vie parfaite et qui se suffise. Or, cela ne peut se faire que par la proximité d'habitation et par les mariages. C'est pour la même fin qu'ont été instituées dans les villes les sociétés particulières, les corporations religieuses et profanes et toutes les autres liaisons, affinités ou manières de vivre les uns avec les autres, ouvrage de l'amitié, comme l'amitié est elle-même l'effet d'un choix respectif.
La fin de la société civile est donc de vivre bien ; toutes ses institutions n'en sont que les moyens et la Cité même, qu'une grande communauté de familles et de bourgades, où la vie trouve tous ces moyens de perfection et suffisance. C'est là ce que nous appelons une vie heureuse et honnête. La société civile est donc moins une société de vie commune qu'une société d'honneur et de vertu….
Des mêmes principes dépend le bonheur de l'Etat. Il est impossible qu'un Etat soit heureux si l'honnêteté en est bannie. Il n'y a rien de bon à en attendre, pas plus que d'un particulier, sans la vertu et la prudence; le courage, la justice et la prudence y ont le même caractère et la même influence que dans les particuliers ; ce sont exactement les mêmes qui nous méritent la réputation de courageux, justes et prudents.
Que ceci nous serve de préface. Nous n'avons pu nous dispenser de rappeler ces principes ; mais comme ils appartiennent à une autre théorie, nous ne leur donnerons pas ici plus d'étendue. Il nous suffira, quant à présent, d'avoir établi que la meilleure existence, pour chacun en particulier et pour les Etats en corps, c'est la vertu avec assez de fortune pour pouvoir la pratiquer. »
Aristote
La Cité est une société établie, par maisons et familles, pour vivre bien, c'est-à-dire pour mener une vie parfaite et qui se suffise. Or, cela ne peut se faire que par la proximité d'habitation et par les mariages. C'est pour la même fin qu'ont été instituées dans les villes les sociétés particulières, les corporations religieuses et profanes et toutes les autres liaisons, affinités ou manières de vivre les uns avec les autres, ouvrage de l'amitié, comme l'amitié est elle-même l'effet d'un choix respectif.
La fin de la société civile est donc de vivre bien ; toutes ses institutions n'en sont que les moyens et la Cité même, qu'une grande communauté de familles et de bourgades, où la vie trouve tous ces moyens de perfection et suffisance. C'est là ce que nous appelons une vie heureuse et honnête. La société civile est donc moins une société de vie commune qu'une société d'honneur et de vertu….
Des mêmes principes dépend le bonheur de l'Etat. Il est impossible qu'un Etat soit heureux si l'honnêteté en est bannie. Il n'y a rien de bon à en attendre, pas plus que d'un particulier, sans la vertu et la prudence; le courage, la justice et la prudence y ont le même caractère et la même influence que dans les particuliers ; ce sont exactement les mêmes qui nous méritent la réputation de courageux, justes et prudents.
Que ceci nous serve de préface. Nous n'avons pu nous dispenser de rappeler ces principes ; mais comme ils appartiennent à une autre théorie, nous ne leur donnerons pas ici plus d'étendue. Il nous suffira, quant à présent, d'avoir établi que la meilleure existence, pour chacun en particulier et pour les Etats en corps, c'est la vertu avec assez de fortune pour pouvoir la pratiquer. »
Aristote
Le Toba
L’éruption du super volcan indonésien de Toba a-t-elle failli causer la disparition de l’Homo sapiens il y a 73.000 ans ? En montrant que les forêts de l’Inde ont été sérieusement touchées à cette époque, un groupe de chercheurs renforce l’idée que la réponse à cette question est bien « oui ».
Il y a environ 73.000 ans, un super volcan, comme celui de Yellowstone, entrait en éruption dans l’île de Toba en Indonésie. La quantité de cendres crachée par ce volcan a été estimée à pas loin de 800 kilomètres cubes. Pour mémoire, le Pinatubo, coupable d'éruptions impressionnantes au début des années 1990, n’a émis que 10 kilomètres cubes de cendres et le St Helens seulement 2,9. Or, les cendres du Pinatubo, en modifiant l’albédo de la Terre, ont suffi à faire baisser sa température moyenne de 0,6°C pendant deux à trois ans. On en déduit que l’éruption du Toba a dû affecter le climat terrestre de façon importante. L'exemple du Krakatoa montre aussi que les cendres et les aérosols pulvérisés dans la haute atmosphère lors des éruptions sont bien en mesure de provoquer un refroidissement global de la planète.
Or les biologistes moléculaires ont découvert il y a plus de dix ans que l’humanité était anormalement peu diversifiée du point de vue génétique, comme si elle avait subi ce qu’on appelle un goulot d’étranglement dans le langage des spécialistes de l’évolution. En se basant sur les horloges moléculaires, ils en avaient déduit que cette absence de diversification importante s’expliquait par l’idée que, il y a environ 73.000 ans, un groupe de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’individus tout au plus avait été à l’origine de l’ensemble des hommes existant aujourd’hui. Pour une raison alors inconnue, l’humanité aurait échappé de peu à une extinction.
Un âge de glace de plus d'un millénaire
En 1998, un professeur d’anthropologie de l’Université de l’Illinois, Stanley Ambrose, proposa de relier les deux événements. Selon lui, l’éruption de Toba qui a laissé une caldera aujourd’hui occupée par un lac de 100 kilomètres de long pour 35 de large, a dû suffisamment perturber le climat pour que la température moyenne de la planète chute de pas loin de 16°C. Cet âge de glace instantané aurait duré 1.800 ans environ, largement de quoi décimer la population humaine de cette époque.
Bien que séduisante, cette théorie a subi quelques critiques depuis lors. L'une des principales objections est venue de la découverte de pierres taillées montrant qu’au moins un groupe d’humains vivant à proximité de l’Indonésie, plus précisément dans le sud de l'Inde à Jwalapuram, était semble-t-il passé sans encombre à travers cet épisode.
Une simulation numérique montrant l'impact possible de l'éruption de Toba sur la température de surface de la Terre. Une brusque montée de l'albédo de la planète provoque un refroidissement rapide et important en quelques années seulement. Crédit : Nasa
C’est visiblement pour lever ce doute qu’Ambrose a joint ses forces à celles de Martin A.J. Williams, un chercheur de l’Université d’Adélaïde en Australie qui avait découvert une couche de cendres laissées par l’éruption de Toba en Inde. Ces chercheurs ont analysé les pollens piégés dans des sédiments marins de la baie du Bengale ainsi que les rapports isotopiques des noyaux de carbone dans des carbonates situés en dessous et en dessus de la couche de cendres du Toba à trois endroits de l’Inde centrale.
On sait que selon le type de végétation, les rapports isotopiques du carbone ne sont pas les mêmes. Il est ainsi possible de dire si, à une période et en un endroit donnés, le couvert végétal était constitué de forêts ou de prairies.
Comme ils l’expliquent dans un article récemment publié dans le journal Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, les chercheurs ont découvert des signes très convaincants d’un changement drastique dans la couverture végétale. Les forêts ont régressé et la pluviosité a baissé dans les régions de l’Inde centrale pendant au moins mille ans, juste après l’éruption du Toba.
Cela accrédite fortement la thèse d’une déforestation au niveau des tropiques et donc un climat plus froid. La théorie de la catastrophe de Toba en sort renforcée.
Il y a environ 73.000 ans, un super volcan, comme celui de Yellowstone, entrait en éruption dans l’île de Toba en Indonésie. La quantité de cendres crachée par ce volcan a été estimée à pas loin de 800 kilomètres cubes. Pour mémoire, le Pinatubo, coupable d'éruptions impressionnantes au début des années 1990, n’a émis que 10 kilomètres cubes de cendres et le St Helens seulement 2,9. Or, les cendres du Pinatubo, en modifiant l’albédo de la Terre, ont suffi à faire baisser sa température moyenne de 0,6°C pendant deux à trois ans. On en déduit que l’éruption du Toba a dû affecter le climat terrestre de façon importante. L'exemple du Krakatoa montre aussi que les cendres et les aérosols pulvérisés dans la haute atmosphère lors des éruptions sont bien en mesure de provoquer un refroidissement global de la planète.
Or les biologistes moléculaires ont découvert il y a plus de dix ans que l’humanité était anormalement peu diversifiée du point de vue génétique, comme si elle avait subi ce qu’on appelle un goulot d’étranglement dans le langage des spécialistes de l’évolution. En se basant sur les horloges moléculaires, ils en avaient déduit que cette absence de diversification importante s’expliquait par l’idée que, il y a environ 73.000 ans, un groupe de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’individus tout au plus avait été à l’origine de l’ensemble des hommes existant aujourd’hui. Pour une raison alors inconnue, l’humanité aurait échappé de peu à une extinction.
Un âge de glace de plus d'un millénaire
En 1998, un professeur d’anthropologie de l’Université de l’Illinois, Stanley Ambrose, proposa de relier les deux événements. Selon lui, l’éruption de Toba qui a laissé une caldera aujourd’hui occupée par un lac de 100 kilomètres de long pour 35 de large, a dû suffisamment perturber le climat pour que la température moyenne de la planète chute de pas loin de 16°C. Cet âge de glace instantané aurait duré 1.800 ans environ, largement de quoi décimer la population humaine de cette époque.
Bien que séduisante, cette théorie a subi quelques critiques depuis lors. L'une des principales objections est venue de la découverte de pierres taillées montrant qu’au moins un groupe d’humains vivant à proximité de l’Indonésie, plus précisément dans le sud de l'Inde à Jwalapuram, était semble-t-il passé sans encombre à travers cet épisode.
C’est visiblement pour lever ce doute qu’Ambrose a joint ses forces à celles de Martin A.J. Williams, un chercheur de l’Université d’Adélaïde en Australie qui avait découvert une couche de cendres laissées par l’éruption de Toba en Inde. Ces chercheurs ont analysé les pollens piégés dans des sédiments marins de la baie du Bengale ainsi que les rapports isotopiques des noyaux de carbone dans des carbonates situés en dessous et en dessus de la couche de cendres du Toba à trois endroits de l’Inde centrale.
On sait que selon le type de végétation, les rapports isotopiques du carbone ne sont pas les mêmes. Il est ainsi possible de dire si, à une période et en un endroit donnés, le couvert végétal était constitué de forêts ou de prairies.
Comme ils l’expliquent dans un article récemment publié dans le journal Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, les chercheurs ont découvert des signes très convaincants d’un changement drastique dans la couverture végétale. Les forêts ont régressé et la pluviosité a baissé dans les régions de l’Inde centrale pendant au moins mille ans, juste après l’éruption du Toba.
Cela accrédite fortement la thèse d’une déforestation au niveau des tropiques et donc un climat plus froid. La théorie de la catastrophe de Toba en sort renforcée.
lundi 12 septembre 2011
A propos de la difficulté de la prise de décision
Au combat, on fait ce que l'on peut avec ce que l'on sait.
Maréchal FOCH
Maréchal FOCH
mardi 9 août 2011
Res Politis
Ai-je été utile à mes semblables ? Si oui, alors je me suis rendu service à moi-même.
Marc Aurèle
Marc Aurèle
mercredi 20 juillet 2011
L'armée, la démocratie et le sacrifice d'un soldat
[...] Un commando de marine tué au combat n'est pas mort pour l'Afghanistan, les droits de l'homme ou des intérêts stratégiques. Il est mort pour la France. Un militaire français qui meurt au combat meurt toujours pour la France, quel que soit l'endroit où il perd la vie. La valeur de son sacrifice n'est pas liée aux objectifs politiques poursuivis.
Nous votons, nous élisons nos dirigeants politiques. Ils débattent, ils décident l'engagement des armées, ils en rendent compte à la nation. C'est la démocratie. A la suite de ces décisions politiques, ouvertes, débattues, approuvées, les commandos de marine reçoivent des missions, ils ne les discutent pas, ils les exécutent. Toujours au péril de leur vie. C'est ce qu'on attend d'une force militaire dans une démocratie : l'obéissance du militaire à la décision politique et la poursuite de l'objectif au péril de sa vie. La valeur de son sacrifice n'a pas de relation avec la victoire ou la défaite.
[...] Distinguer la légitimité d'une fin et les vertus des moyens est une des qualités fondamentales d'une démocratie. Au nom de cette qualité, que mes concitoyens honorent le sacrifice de mes camarades pour ce qu'il est et ne le jugent pas pour les fins qu'il sert.
Contre-Amiral Christophe Prazuck, Commandant la Force des Fusiliers Marins et Commandos
Nous votons, nous élisons nos dirigeants politiques. Ils débattent, ils décident l'engagement des armées, ils en rendent compte à la nation. C'est la démocratie. A la suite de ces décisions politiques, ouvertes, débattues, approuvées, les commandos de marine reçoivent des missions, ils ne les discutent pas, ils les exécutent. Toujours au péril de leur vie. C'est ce qu'on attend d'une force militaire dans une démocratie : l'obéissance du militaire à la décision politique et la poursuite de l'objectif au péril de sa vie. La valeur de son sacrifice n'a pas de relation avec la victoire ou la défaite.
[...] Distinguer la légitimité d'une fin et les vertus des moyens est une des qualités fondamentales d'une démocratie. Au nom de cette qualité, que mes concitoyens honorent le sacrifice de mes camarades pour ce qu'il est et ne le jugent pas pour les fins qu'il sert.
Contre-Amiral Christophe Prazuck, Commandant la Force des Fusiliers Marins et Commandos
Hommage à nos morts, tombés pour la France
Homélie de Monseigneur Luc Ravel, évêque aux armées
C’est du cœur que partent nos paroles. Laissons notre cœur marquer d’abord nos paroles avec les sentiments qui l’habitent.
Parmi ces sentiments, il y a bien sûr une peine immense : comment ne pas être profondément et personnellement atteint par la disparition de 7 jeunes hommes, fleurons de notre nation, fils de nos familles, camarades de nos unités ?
Mais dans cette peine se glissent d’autres sentiments. Car la tristesse n’arrive pas seule quand nous sommes en face de ces cercueils recouverts de notre drapeau. La douleur n’étouffe pas la palpitation de la fierté : une sobre mais grande fierté nous habite parce que ces hommes là ne sont pas décédés par accident ou de maladie. Ils sont morts pour la France. Notre admiration pour leur courage se transforme en fierté d’appartenir à ce peuple, à ce grand corps aux mille visages dont les membres sont capables de donner leur vie pour ceux qu’ils aiment. Nous avons raison d’être fiers quand notre équipe nationale triomphe sur les stades. Mais nos joueurs n’y risquent que leur réputation. Ici, nos soldats jettent leur vie devant nous. C’est là leur noblesse de soldat, c’est là notre grandeur de français.
Cette noblesse du soldat nous invite à redire ce que signifie être militaire : être militaire, ce n’est pas d’abord être disponible ou même porter les armes. Etre militaire, c’est avant tout ne plus s’appartenir, ni même appartenir à sa propre famille : j’ai conscience de la dureté de ces propos tenus en présence de nos familles éprouvées par le deuil. Etre militaire, c’est appartenir à la Nation. Exister et agir pour elle. Vivre et mourir pour elle.
En 1919, une énorme question s’était posée : devions-nous enterrer nos morts ensemble dans des cimetières nationaux ou rendre aux familles les corps identifiés ? La polémique fit rage. Le père Doncoeur militait avec d’autres pour que restent ensemble ceux qui avaient péri ensemble. Dans un texte intitulé « Champ d’honneur », il écrivait cet émouvant appel aux mères et aux veuves :
« Il est mort au champ d’honneur,
Vous l’enlevez du champ d’honneur
Vous lui ravissez sa gloire
Et vous vous décevez. » (Paul Doncoeur Aumônier militaire, éditions de la Loupe, pages 179)
En 1920, la France va rassembler ses morts dans d’immenses mausolées dignes de l’héroïsme de ces fils tués pour la Patrie. Certes, nous ne sommes plus en 1920, mais nous restons de ces hommes fixés sur l’éternel militaire : vivants ou morts, nous appartenons davantage à notre Patrie qu’à nos proches. Etre soldat ne relève pas de la sphère privée même si à la base il y a un choix personnel.
Alors que certains s’interrogent sur l’opportunité d’aller mourir pour les Afghans ou d’autres peuples, nous répondons inlassablement : c’est pour la France que nous mourons. Ici ou au bout du monde : ce n’est pas la première fois dans l’histoire que nos soldats meurent pour la France ailleurs qu’en France.
Puis-je justement prolonger ce propos avec une chanson créée en 1885 et intitulée : « C’est un oiseau qui vient de France » ? Ce chant raconte l’histoire d’un oiseau qui « dans une bourgade lointaine, vint montrer son aile d’ébène. » Le voyant virevolter au-dessus d’un territoire ennemi, l’enfant, le vieillard puis la fillette, tous trois aux cœurs palpitant d’espérance, s’écrient successivement : « sentinelles, ne tirez pas. C’est un oiseau qui vient de France. » Mais ils ne seront pas entendus ainsi que le dit le dernier couplet :
« Il venait de la plaine en fleur
Et tous les yeux suivaient sa trace,
Car il portait nos trois couleurs,
Qui flottaient gaiement dans l’espace.
Mais un soldat fit feu,
Un long cri part et l’hirondelle,
Tout à coup refermant son aile,
Tombe expirante du ciel bleu. »
Et le refrain conclut :
« Il faut au cœur une espérance,
Rayon divin qui ne meurt pas,
Mais l’oiseau qui chantait là-bas,
Mais l’oiseau qui chantait là-bas,
Ne verra plus le ciel de France. »
« Il faut au cœur une espérance. » L’espérance est à portée de main : sachons la cueillir du fond du cœur. Elle porte en elle la certitude de la vie qui traverse, transperce et exténue la mort. L’Espérance chrétienne, nous l’avons dans l’exacte mesure où nous sentons en nous une vie que rien ne peut arrêter, pas même la mort. Et cette espérance ne trompe pas car le Christ est ressuscité d’entre les morts.
Alors pour tous ceux qui ne verront plus le ciel de France, tenons ferme la force de l’espérance.
Amen.
dimanche 3 juillet 2011
Théorie des supercordes
Théorie unifiée de l´Univers, qui postule que les ingrédients fondamentaux de la nature ne sont pas des particules ponctuelles sans dimensions, mais de petits filaments unidimensionnels appelés cordes. Cette théorie exige 10 dimensions spatiales et une de temps. L'Univers aurait subi une première brisure de symétrie quand trois de ces 10 dimensions spatiales se sont dilatées, tandis que les autres gardaient leur taille initiale, la longueur de Planck.
dimanche 29 mai 2011
Vers le soir abandonne toi a ton double destin :
Vers le soir abandonne toi a ton double destin :
Habiter le cœur du paysage et faire signe aux étoiles filantes
François Cheng
Habiter le cœur du paysage et faire signe aux étoiles filantes
François Cheng
lundi 2 mai 2011
jeudi 31 mars 2011
Le grand Lino
Quand un homme qui pèse 120 kg parle, les hommes qui pèsent 60 kg écoutent.
Lino Ventura
Lino Ventura
Innover n'est pas facile
Les inventions ont atteint leur limite, et je ne conçois aucun espoir pour de développements futurs.
Julius Sextus Frontinus, ingénieur romain, 100 ans apr. J.-C.
Julius Sextus Frontinus, ingénieur romain, 100 ans apr. J.-C.
C'est parfois dur..
Dès que nous naissons, nous pleurons d’être venus sur ce grand théâtre de fous.
Le Roi Lear
Shakespeare
Le Roi Lear
Shakespeare
jeudi 18 novembre 2010
Medal Of Honor
« Si je suis un héros, alors tout homme qui se trouve autour de moi, chaque femme dans l’armée, tout ceux qui vont vers l’inconnu sont des héros ».
Sergent-Chef Salvatore Giunta
Medal of Honor (2010)
US ARMY
Sergent-Chef Salvatore Giunta
Medal of Honor (2010)
US ARMY
vendredi 18 juin 2010
Des règles d'engagement en Afghanistan
"On ne peut pas gagner une guerre avec les mains accrochées aux couilles"
jeudi 17 juin 2010
Mac Beth
La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur
Qui s'agite et parade une heure, sur la scène,
Puis on ne l'entend plus. C'est un récit
Plein de bruit, de fureur, qu'un idiot raconte
Et qui n'a pas de sens.
Man is but an actor who struts and frets his hour upon the stage and then is heard no more
Mac Beth
Shakespeare
Qui s'agite et parade une heure, sur la scène,
Puis on ne l'entend plus. C'est un récit
Plein de bruit, de fureur, qu'un idiot raconte
Et qui n'a pas de sens.
Man is but an actor who struts and frets his hour upon the stage and then is heard no more
Mac Beth
Shakespeare
A quoi servent les contes ?
A enseigner une morale ?
A ne pas avoir peur des dragons ?
A enseigner que les fées existent ?
Ils enseignent que l'on peut tuer les dragons !
A ne pas avoir peur des dragons ?
A enseigner que les fées existent ?
Ils enseignent que l'on peut tuer les dragons !
lundi 5 avril 2010
Ambroise Paré
« — J'espère bien que tu vas mieux soigner les rois que les pauvres ?
— Non Sire, c'est impossible.
— Et pourquoi ?
— Parce que je soigne les pauvres comme des rois »
Ambroise Paré (1510-1590) répondant à Charles IX
Ambroise Paré, fils d'un agriculteur de Laval, a fait progresser l'art chirurgical, notamment par la préférence qu'il donna à la ligature des artères sur leur cautérisation après les amputations, par la suppression de l'huile bouillante dans le traitement des plaies par armes à feu et par les prothèses qu'il inventa ou perfectionna.
— Non Sire, c'est impossible.
— Et pourquoi ?
— Parce que je soigne les pauvres comme des rois »
Ambroise Paré (1510-1590) répondant à Charles IX
Ambroise Paré, fils d'un agriculteur de Laval, a fait progresser l'art chirurgical, notamment par la préférence qu'il donna à la ligature des artères sur leur cautérisation après les amputations, par la suppression de l'huile bouillante dans le traitement des plaies par armes à feu et par les prothèses qu'il inventa ou perfectionna.
mardi 29 décembre 2009
mercredi 2 décembre 2009
Sous le soleil d'Austerlitz
«Soldats, je suis content de vous. Je vous ramènerai en France.
Là, vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes.
Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire : j'étais à la bataille d'Austerlitz pour que l'on vous réponde : voilà un brave !»
Le bronze des 180 canons ennemis est employé pour fondre la colonne Vendôme, à Paris, copie de l'antique colonne qui célèbre à Rome la victoire de l'empereur Trajan sur les Daces.
Napoléon 1er
2 décembre 1805 au soir de la bataille d'Austerlitz
dimanche 15 novembre 2009
jeudi 12 novembre 2009
Vaincre .. sa peur
"Dominez votre peur, et je vous promets que vous serez plus fort que la mort."
Alexandre le Grand à la bataille de Gaugamèles
Alexandre le Grand à la bataille de Gaugamèles
jeudi 5 novembre 2009
L'adaptation
Dans la paix, rien de tel pour devenir homme
Que réserve tranquille et humilité.
Mais si tu entends le souffle de la guerre,
Alors, imite le tigre.
Durcis tes muscles, excite ton sang,
cache ta loyauté sous une rage froide,
enfin donne à ton regard un éclat terrifiant.
Shakespeare
Que réserve tranquille et humilité.
Mais si tu entends le souffle de la guerre,
Alors, imite le tigre.
Durcis tes muscles, excite ton sang,
cache ta loyauté sous une rage froide,
enfin donne à ton regard un éclat terrifiant.
Shakespeare
mardi 3 novembre 2009
Amphidrome
Un véhicule amphidrome a la particularité de pouvoir se déplacer indifféremment en avant et en arrière de la même manière. Le terme s'applique essentiellement aux navires et bateaux, qui dans ce cas sont quasiment symétriques entre l'avant et l'arrière.
Ce principe a été en particulier appliqué aux pirogues, aux drakkars, et l'est toujours pour les bacs et aux ferrys qui effectuent de courts trajets et où la manœuvre de retournement prendrait trop de temps. Dans ce cas, les machines et hélices sont également symétriques, et le navire est surmonté d'une passerelle avec une vue dégagée à 360°.
Exemple : ici
Ce principe a été en particulier appliqué aux pirogues, aux drakkars, et l'est toujours pour les bacs et aux ferrys qui effectuent de courts trajets et où la manœuvre de retournement prendrait trop de temps. Dans ce cas, les machines et hélices sont également symétriques, et le navire est surmonté d'une passerelle avec une vue dégagée à 360°.
Exemple : ici
samedi 31 octobre 2009
Un Trésor !
Source : Le Point
C'était son jour de chance.
Un chômeur britannique a découvert le plus important trésor archéologique anglo-saxon jamais mis au jour, avec plus de 1.500 objets contenant plusieurs kilogrammes d'or et d'argent, dont une partie devrait lui revenir.
"Ça a été beaucoup plus amusant que de gagner à la loterie", a déclaré Terry Herbert, chômeur de 55 ans et découvreur en juillet du trésor du Staffordshire (centre de l'Angleterre), qui a été officiellement reconnu comme tel jeudi matin par les autorités britanniques. C'est en promenant avec son détecteur de métaux dans le champ d'un ami qu'il a repéré les objets datant du VIIe siècle , une découverte sans précédent.
"Mes amis du club (de détecteurs) disent toujours que s'il y a une pièce d'or dans un champ, c'est moi qui vais la trouver. J'ai peur de penser à ce qu'ils vont dire quand ils vont entendre tout ça", a déclaré Terry Herbert, qui a acheté son premier détecteur il y a 18 ans.
Sa découverte, dont l'importance est comparée à celle du tombeau du pharaon Toutankhamon, contient un bric-à-brac guerrier avec au moins 84 pommeaux et 71 gardes d'épées qui arborent pour la plupart des décorations de grande finesse, et des grenats incrustés dans l'or. Le trésor contient environ 650 objets en or pesant quelque 5 kg et 530 objets en argent (1,3 kg), et une grande quantité de pierres précieuses. Son évaluation devrait prendre un an et la valeur totale devrait dépasser le million de livres (1,1 million d'euros) selon un expert du British Museum. La découverte devrait être répartie à parité entre Terry Herbert, qui compte s'acheter une maison, et le propriétaire du champ, selon un accord entre les deux hommes.
"Une énorme surprise"
Les experts s'emploient désormais à assembler des dizaines de morceaux qui devaient former des heaumes finement décorés. Le trésor contient également des éléments liés à la Bible, en particulier une inscription belliqueuse en latin gravée sur de l'or qui serait tirée du Livre des Nombres et pourrait être traduite par : "Lève-toi, Seigneur, et que tes ennemis soient dispersés ! Que ceux qui te haïssent fuient devant ta face !" Des objets seront exposés à partir de vendredi, et jusqu'au 13 octobre, au musée d'art de Birmingham. Tous les objets seront ensuite transférés pour expertise au British Museum, avant d'être vendus. "La quantité d'or est stupéfiante mais, de façon plus importante, le travail d'ouvrage est parfait. C'était le nec plus ultra de ce que les ferronniers anglo-saxons pouvaient faire, et ils étaient bons", a expliqué Kevin Leahy, expert en la matière. "Il appartenait clairement à la très haute aristocratie ou à la royauté anglo-saxonne. Il appartenait à l'élite."
Pour Steve Dean, archéologue officiel du Staffordshire, le trésor est d'une "importance nationale et probablement internationale". C'est aussi une "énorme surprise" car aucun document ne laissait présager la présence d'un tel site dans le comté, a-t-il relevé. Le site archéologique anglo-saxon le plus important jamais découvert jusqu'à présent était celui de Sutton Hoo, dans le Suffolk (est de l'Angleterre), où ont été mis au jour en 1939 un cimetière et un bateau tombe datant du VIIe siècle. "Je répugne à le comparer à Sutton Hoo car c'est quelque chose de très différent. Sutton Hoo est un site funéraire, là c'est différent, c'est un trésor", a indiqué Steve Dean, soulignant que le trésor du Staffordshire contenait "davantage d'objets et parfois de meilleure qualité, il est unique" et va alimenter des travaux de recherches pour les 20 prochaines années.
jeudi 29 octobre 2009
Donner..
What I gave, I have
What I spent, I had
What I kept, I lost
Thomas Ravenscroft
Gravé sur la tombe d'un Lieutenant des Gurkha Rifles, mort en asie du sud-est
What I spent, I had
What I kept, I lost
Thomas Ravenscroft
Gravé sur la tombe d'un Lieutenant des Gurkha Rifles, mort en asie du sud-est
Que valons nous dans l'adversité ?
"En temps de guerre, si quelqu’un tire et que tu ne tires pas, cela veut dire que tu es un sous-homme. Nous voulions montrer que nous étions des hommes."
Marek Edelman (1921 - 2009)
dernier Commandant du soulèvement du Ghetto de Varsovie, en 1943
Marek Edelman (1921 - 2009)
dernier Commandant du soulèvement du Ghetto de Varsovie, en 1943
samedi 24 octobre 2009
Un débat essentiel
Source : Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences
Si l'orthodoxie gastronomique commande de servir du vin blanc avec les plats de poissons ou de fruits de mer, c'est parce qu'il existe une raison objective, cachée dans nos papilles. La clé ? La teneur en fer...
Face à un plat de poisson, certains bannissent le vin rouge. D'autres déplorent ce maniérisme et affirment au contraire qu'il n'y a pas d'incompatibilité stricte. Le débat anime parfois des dîners en ville et il fallait peut-être ne pas être Français pour étudier le phénomène d'une manière scientifique. Des Japonais l'ont fait et concluent que les deux camps ont à peu près raison...
Plus précisément, la plupart des vins rouges ne conviennent pas et la majorité des blancs (secs, bien sûr, mais c'est une autre histoire) se marieront avec bonheur. Conclusion pratique : le choix le moins risqué est bien le blanc, sauf expériences préalables.
Les scientifiques en question (Takayuki Tamura, Kiyoshi Taniguchi, Yumiko Suzuki, Toshiyuki Okubo, Ryoji Takata et Tomonori Konno, l'histoire retiendra peut-être ces noms) ne travaillent pas dans un centre de recherche mais pour une entreprise japonaise, Mercian, productrice de vins et d'alcools. Leurs résultats viennent d'être publiés dans une revue scientifique, le Journal of Agricultural and Food Chemistry.
L'équipe a commencé par une série de tests gustatifs, avec, entre autres, des plats de Coquilles Saint-Jacques (parce que ce mollusque a un goût prononcé) accompagnés de vins blancs (26 différents) et de rouges (38). Les chercheurs ont ensuite analysé tous les breuvages pour déterminer les caractéristiques des vins que les goûteurs avaient appréciés après ce fruit de mer.
Le fer, un composant ignoré de l'arôme
La différence observée tenait à un seul paramètre : la quantité de fer. Au-dessus de 2 milligrammes par litre, le vin bu derrière la Coquille Saint-Jacques produit une mauvaise saveur. Les chercheurs japonais ont voulu vérifier en trempant ces mollusques dans les différents vins. Ils ont effectivement constaté par eux-mêmes qu'une désagréable odeur finit par se dégager quand le vin contient beaucoup de fer.
« Nous avons été surpris, avoue Takayuki Tamura. Nous pensions que la raison tenait plutôt aux quantités de dioxyde de soufre ou de polyphénols. » On sait que sa teneur varie en fonction du sol, du cépage et de la méthode de vinification (les cuves métalliques peuvent en ajouter) et les vins rouges en contiennent davantage que les blancs. Mais le fait que ce métal prenne part à la valeur gustative du vin est en effet plutôt surprenant. Par quel effet chimique, le fer génère-t-il un goût particulier ? Les œnologues de Mercian l'ignorent mais suspectent une réaction avec les acides gras insaturés.
Ils concluent également que, indépendamment de sa teneur en fer, le vin rouge, avec son goût plus fort, tend à écraser les fines saveurs de la chair de poisson, de mollusques ou de crustacés. Mais cela, beaucoup le savaient déjà...
lundi 18 mai 2009
Une étonnante coupe romaine, en verre millefiori, retrouvée à Londres
Source : Jean Etienne, Futura-Sciences
Une coupe de verre mosaïqué, communément appelé millefiori, a été découverte dans la tombe d’un riche habitant de Londinium, le Londres fondé sous la domination romaine. Pièce unique, datant de 1.700 ans, elle est le premier exemple de ce genre en dehors de l'Empire romain oriental.
Ce type de verre polychrome est à la fois le plus spectaculaire et le plus fascinant de l’Antiquité. La technique millefiori (mille fleurs), plongeant ses racines dans la civilisation mésopotamienne, a été couramment pratiquée par les artisans verriers hellénistiques et romains à partir du troisième siècle avant J.-C.
Sa fabrication exigeait patience et précision. Elle consistait d’abord à étirer des baguettes de verres colorés, puis à les tronçonner en rondelles de couleurs et de formes différentes. Celles-ci étaient ensuite disposées côte à côte sur un support de céramique tout en ébauchant la forme de l’objet à créer. Par exemple, la fabrication d’une coupe ou d’un bol demandait une forme circulaire. L’ensemble était ensuite chauffé à haute température afin d’agglomérer les différentes pièces de cette mosaïque entre elles par fusion.
Après refroidissement, la surface multicolore et plane ainsi obtenue était posée sur une forme reproduisant l’aspect de la pièce à reproduire, et à nouveau portée au four. La pièce de verre se ramollissait alors, épousant son modèle pour obtenir, par exemple, un bol. En général, l’objet ainsi obtenu était encore poli intérieurement et extérieurement afin de parfaire son aspect.
La technique du verre mosaïqué n’est pas abandonnée, et elle connaît même un regain d’intérêt depuis que le verrier vénitien Vincenzo Moretti l’a remise à l’honneur dès la fin du dix-neuvième siècle, relançant un style toujours pratiqué et admiré aujourd’hui.
Une pièce exceptionnelle et unique
Le magnifique plat translucide mis au jour par les archéologues dans les fouilles de Prescott Street à Londres constitue un cas unique. Son motif est constitué de disques de verre rouges entourés de formes bleues et blanches disposées tout autour afin de former un motif floral, répété des centaines de fois, ce qui exige une énorme quantité de travail. L’ensemble constitue le seul plat complet de ce type découvert en dehors de l’Empire romain oriental.
Liz Goodman, conservatrice du Musée de Londres, confirme : « nous avons occasionnellement de petits fragments de millefiori, mais l’opportunité de travailler avec un objet entier de ce type est extraordinaire. Le plat est extrêmement fragile mais le verre est intact et toujours aussi lumineux presque 2.000 ans après avoir été fabriqué ». Cette pièce exceptionnelle sera sous peu exposée au Museum de Londres.
Cette découverte n’est pas isolée, car les archéologues ont aussi mis au jour d’autres objets de céramique ainsi que de la vaisselle en verre à proximité de la tombe, ce qui indique que le personnage enterré là était de haut rang. Guy Hunt, directeur de la firme L-P Archaeology responsable des fouilles, précise que toute une série d’autres objets de l’époque romaine ont aussi été déterrés.
Une coupe de verre mosaïqué, communément appelé millefiori, a été découverte dans la tombe d’un riche habitant de Londinium, le Londres fondé sous la domination romaine. Pièce unique, datant de 1.700 ans, elle est le premier exemple de ce genre en dehors de l'Empire romain oriental.
Ce type de verre polychrome est à la fois le plus spectaculaire et le plus fascinant de l’Antiquité. La technique millefiori (mille fleurs), plongeant ses racines dans la civilisation mésopotamienne, a été couramment pratiquée par les artisans verriers hellénistiques et romains à partir du troisième siècle avant J.-C.
Sa fabrication exigeait patience et précision. Elle consistait d’abord à étirer des baguettes de verres colorés, puis à les tronçonner en rondelles de couleurs et de formes différentes. Celles-ci étaient ensuite disposées côte à côte sur un support de céramique tout en ébauchant la forme de l’objet à créer. Par exemple, la fabrication d’une coupe ou d’un bol demandait une forme circulaire. L’ensemble était ensuite chauffé à haute température afin d’agglomérer les différentes pièces de cette mosaïque entre elles par fusion.
Après refroidissement, la surface multicolore et plane ainsi obtenue était posée sur une forme reproduisant l’aspect de la pièce à reproduire, et à nouveau portée au four. La pièce de verre se ramollissait alors, épousant son modèle pour obtenir, par exemple, un bol. En général, l’objet ainsi obtenu était encore poli intérieurement et extérieurement afin de parfaire son aspect.
La technique du verre mosaïqué n’est pas abandonnée, et elle connaît même un regain d’intérêt depuis que le verrier vénitien Vincenzo Moretti l’a remise à l’honneur dès la fin du dix-neuvième siècle, relançant un style toujours pratiqué et admiré aujourd’hui.
Une pièce exceptionnelle et unique
Le magnifique plat translucide mis au jour par les archéologues dans les fouilles de Prescott Street à Londres constitue un cas unique. Son motif est constitué de disques de verre rouges entourés de formes bleues et blanches disposées tout autour afin de former un motif floral, répété des centaines de fois, ce qui exige une énorme quantité de travail. L’ensemble constitue le seul plat complet de ce type découvert en dehors de l’Empire romain oriental.
Liz Goodman, conservatrice du Musée de Londres, confirme : « nous avons occasionnellement de petits fragments de millefiori, mais l’opportunité de travailler avec un objet entier de ce type est extraordinaire. Le plat est extrêmement fragile mais le verre est intact et toujours aussi lumineux presque 2.000 ans après avoir été fabriqué ». Cette pièce exceptionnelle sera sous peu exposée au Museum de Londres.
Cette découverte n’est pas isolée, car les archéologues ont aussi mis au jour d’autres objets de céramique ainsi que de la vaisselle en verre à proximité de la tombe, ce qui indique que le personnage enterré là était de haut rang. Guy Hunt, directeur de la firme L-P Archaeology responsable des fouilles, précise que toute une série d’autres objets de l’époque romaine ont aussi été déterrés.
jeudi 7 mai 2009
La petite piste
Combien de fois a-t-on parcouru
Cette petite piste
En traversant la lande herbue
Lorsque le jour se lève
En écoutant le rythme
De la chanson intime
O porteurs
Et Askari
Aillo, aillo,
Ay Safari
Et quand un jour nous partirons
Pour le dernier voyage
Chante nous cette chanson
Comme un dernier hommage
Et s'il ne pleure personne
Que Dieu noue le pardonne
Et Askari
Aillo, aillo,
Ay Safari
Cette petite piste
En traversant la lande herbue
Lorsque le jour se lève
En écoutant le rythme
De la chanson intime
O porteurs
Et Askari
Aillo, aillo,
Ay Safari
Et quand un jour nous partirons
Pour le dernier voyage
Chante nous cette chanson
Comme un dernier hommage
Et s'il ne pleure personne
Que Dieu noue le pardonne
Et Askari
Aillo, aillo,
Ay Safari
La Prière du Para
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos
Ni la tranquillité
Ni celle de l’âme, ni celle du corps.
Je ne vous demande pas la richesse
Ni le succès, ni même la santé.
Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement
Que vous ne devez plus en avoir.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce qu’on vous refuse.
Je veux l’insécurité et l’inquiétude.
Je veux la tourmente et la bagarre.
Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement.
Que je suis sûr de les avoir toujours
Car je n’aurai pas toujours le courage
De vous les demander.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.
Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas.
Mais donnez-moi aussi le courage
Et la force et la Foi.
Aspirant André Zirnheld
1re compagnie de parachutistes / SAS French Squadron
mort pour la France le 27 juillet 1942 en Cyrénaïque ( Libye)
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos
Ni la tranquillité
Ni celle de l’âme, ni celle du corps.
Je ne vous demande pas la richesse
Ni le succès, ni même la santé.
Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement
Que vous ne devez plus en avoir.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce qu’on vous refuse.
Je veux l’insécurité et l’inquiétude.
Je veux la tourmente et la bagarre.
Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement.
Que je suis sûr de les avoir toujours
Car je n’aurai pas toujours le courage
De vous les demander.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.
Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas.
Mais donnez-moi aussi le courage
Et la force et la Foi.
Aspirant André Zirnheld
1re compagnie de parachutistes / SAS French Squadron
mort pour la France le 27 juillet 1942 en Cyrénaïque ( Libye)
La richesse est dans l'échange
"Je n'aime pas les sédentaires du cœur. Ceux-là qui n'échangent rien ne deviennent rien."
"Citadelle"
Antoine de Saint-Exupéry
"Citadelle"
Antoine de Saint-Exupéry
J'ai un Rendez-Vous avec la Mort ...
Sur quelque barricade âprement disputée,
Quand le printemps revient avec son ombre frémissante
Et quand l'air est rempli des fleurs du pommier.
J'ai un rendez-vous avec la Mort
Quand le printemps ramène les beaux jours bleus.
Il se peut qu'elle prenne ma main
Et me conduise dans son pays ténébreux
Et ferme mes yeux et éteigne mon souffle.
Il se peut qu'elle passe encore sans m'atteindre.
J'ai un rendez-vous avec la Mort
Sur quelque pente d'une colline battue par les balles
Quand le printemps reparaît cette année
Et qu'apparaissent les premières fleurs des prairies.
Dieu sait qu'il vaudrait mieux être au profond
Des oreillers de soie et de duvet parfumé
Où l'Amour palpite dans le plus délicieux sommeil,
Pouls contre pouls et souffle contre souffle,
Où les réveils apaisés sont doux.
Mais j'ai un rendez-vous avec la Mort
A minuit, dans quelque ville en flammes,
Quand le printemps d'un pas léger revient vers le nord cette année
Et je suis fidèle à ma parole: Je ne manquerai pas à ce rendez-vous-là.
Alan Zeeger
Légionnaire et Poète
Mort pour la France le 4 juillet 1916 devant Belloy en Santerre (Somme)
mardi 21 avril 2009
Effort
"La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle."
"Terre des Hommes"
Antoine de Saint-Exupéry
"Terre des Hommes"
Antoine de Saint-Exupéry
La vie est un voyage
"Ce qui importe, ce n'est pas d'arriver mais d'aller vers."
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry
vendredi 17 avril 2009
Explosion Cambrienne
Définition : Futura-Sciences
Il y a environ 525 millions d’années, l’atmosphère s’est brusquement enrichie en oxygène et le nombre d’espèces vivantes pluricellulaires a lui aussi augmenté considérablement : c’est ce qu’on appelle l’explosion cambrienne.
Celle-ci tire son nom d’une apparition explosive non seulement des premiers organismes pluricellulaires mais aussi d’une grande diversité d’espèces vivantes, parfois sans équivalent actuellement. Les fossiles de la fameuse formation du Burgess, au Canada, en portent témoignages, particulièrement avec Hallucigenia.
mercredi 15 avril 2009
mardi 14 avril 2009
Pour nos Centurions
"On nous avait dit, lorsque nous avons quitté le sol natal, que nous partions défendre les droits sacrés que nous confèrent tant de citoyens installés là-bas, tant d'années de présence, tant de bienfaits apportés à des populations qui ont besoin de notre aide et de notre civilisation.
Nous avons pu vérifier que tout cela était vrai, et, parce que c'était vrai, nous n'avons pas hésité à verser l'impôt du sang, à sacrifier notre jeunesse, nos espoirs.
Nous ne regrettons rien, mais alors qu'ici cet état d'esprit nous anime, on me dit que dans Rome se succèdent cabales et complots, que fleurit la trahison et que beaucoup, hésitants, troublés, prêtent des oreilles complaisantes aux pires tentations de l'abandon et vilipendent notre action.
Je ne puis croire que tout cela soit vrai et pourtant des guerres récentes ont montré à quel point pouvait être pernicieux un tel état d'âme et où il pouvait mener.
Je t'en prie, rassure-moi au plus vite et dis-moi que nos concitoyens nous comprennent, nous soutiennent, nous protègent comme nous protégeons nous même la grandeur de l'Empire.
S 'il devait en être autrement, si nous devions laisser en vain nos os blanchis sur les pistes du désert, alors, que l'on prenne garde à la colère des Légions !"
Marcus Flavinius , Centurion à la deuxième cohorte de la Legio Augusta (VIIIe Légion), écrit à son cousin Tertullus, resté à Rome
Jean Lartéguy
Nous avons pu vérifier que tout cela était vrai, et, parce que c'était vrai, nous n'avons pas hésité à verser l'impôt du sang, à sacrifier notre jeunesse, nos espoirs.
Nous ne regrettons rien, mais alors qu'ici cet état d'esprit nous anime, on me dit que dans Rome se succèdent cabales et complots, que fleurit la trahison et que beaucoup, hésitants, troublés, prêtent des oreilles complaisantes aux pires tentations de l'abandon et vilipendent notre action.
Je ne puis croire que tout cela soit vrai et pourtant des guerres récentes ont montré à quel point pouvait être pernicieux un tel état d'âme et où il pouvait mener.
Je t'en prie, rassure-moi au plus vite et dis-moi que nos concitoyens nous comprennent, nous soutiennent, nous protègent comme nous protégeons nous même la grandeur de l'Empire.
S 'il devait en être autrement, si nous devions laisser en vain nos os blanchis sur les pistes du désert, alors, que l'on prenne garde à la colère des Légions !"
Marcus Flavinius , Centurion à la deuxième cohorte de la Legio Augusta (VIIIe Légion), écrit à son cousin Tertullus, resté à Rome
Jean Lartéguy
mercredi 8 avril 2009
Zénith
Définition : Futura-Sciences
Direction opposée au champ de pesanteur en ce lieu.
Le point de la sphère céleste associé à cette direction est le zénith du lieu, le point diamétralement opposé est le Nadir.
Direction opposée au champ de pesanteur en ce lieu.
Le point de la sphère céleste associé à cette direction est le zénith du lieu, le point diamétralement opposé est le Nadir.
Point de Lagrange
Définition : Futura-Sciences
Un point de Lagrange est une position de l'espace dans un système à deux corps, où leurs champs de gravité se combinent de manière à fournir un point d'équilibre à un troisième corps de masse négligeable, tel que les positions relatives des trois corps soient fixes.
Les points de Lagrange sont un cas particulier du problème à 3 corps, où l'un des 3 corps est de masse négligeable devant les 2 autres.
Application Soleil - Terre
Les points de Lagrange sont ceux où un corps d'épreuve soumis ici à l'attraction du Soleil et de la Terre, suit une orbite autour du Soleil à la même vitesse angulaire que la Terre, sous l'action conjointe des attractions du Soleil et de la Terre. Les points L1 et L2 sont situés à proximité de la Terre (au premier ordre, le rapport des distances est proportionnel à la racine cubique du rapport des masses), le point L3 est symétrique de la Terre par rapport au Soleil, et les points L4 et L5 sont aux sommets de triangles équilatéraux ayant le segment Soleil-Terre pour base. Malgré ce que pourrait laisser penser la figure, où les équipotentielles dans le repère tournant sont tracées, les orbites autour de L4 et L5 sont stables, les trois autres instables, à cause de la force de Coriolis.
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